Présent à la 85ᵉ session de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, ouverte ce mardi 21 octobre à Banjul (Gambie), le ministre congolais des Droits humains, Me Samuel Mbemba Kabuya, a livré un message fort en faveur d’une solidarité africaine accrue face aux souffrances que subit la population congolaise. Représentant les États membres de l’Union Africaine à la tribune d’ouverture, il a dressé le bilan des avancées réalisées par la République démocratique du Congo (RDC) sous le leadership du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, notamment dans la promotion des droits humains, l’accès gratuit à l’enseignement de base, la couverture santé universelle, l’égalité des genres et la justice transitionnelle au profit des victimes de violences.
Mais le ministre congolais n’a pas manqué de pointer du doigt le principal obstacle à la paix et à la dignité humaine dans son pays : la guerre d’agression imposée, selon lui, par le Rwanda à travers ses supplétifs du M23/AFC. Dénonçant une tragédie humanitaire d’ampleur, Me Mbemba Kabuya a évoqué un « drame du GENOCOST » ayant coûté la vie à plus de dix millions de Congolais et provoqué des déplacements massifs de populations. Il a rappelé plusieurs massacres, de Kishishe à Kanyabayonga, en passant par Minova et Kibumba, qu’il considère comme autant de crimes visant à dépouiller la RDC de ses ressources naturelles.
Face à cette situation dramatique, le ministre a exhorté la Commission Africaine à rompre le silence et à envoyer un signal fort contre l’impunité, en sanctionnant les auteurs et complices de ces crimes. Annonçant la création d’un mémorial à Kinshasa en hommage aux victimes, il a salué la récente résolution du Parlement congolais reconnaissant les génocides commis sur le territoire national. En guise de conclusion, Me Samuel Mbemba Kabuya a plaidé pour une « décolonisation des droits humains », invitant le continent africain à adopter une approche plus souveraine, solidaire et équitable dans la défense de la dignité de ses peuples.
CB
