La crise institutionnelle se poursuit à Kisangani après la destitution du gouverneur de la Tshopo, Paulin Lendongolia. Dans un communiqué rendu public mercredi 29 octobre, l’Assemblée provinciale a mis en garde l’ancien chef de l’exécutif provincial contre toute initiative ou acte posé au nom de la province, rappelant que son éviction, actée par un vote unanime de défiance, le prive de toute compétence administrative.
Conformément aux dispositions légales, le gouverneur déchu devait présenter sa démission au Président de la République dans les 24 heures suivant son renversement, ce qui n’a pas encore été fait, selon l’organe délibérant. Dans l’intervalle, les députés provinciaux ont désigné le vice-gouverneur, Didier Lomoyo, pour assurer la gestion des affaires courantes jusqu’à l’organisation d’une nouvelle élection provinciale.
Du côté de Paulin Lendongolia, la riposte s’organise. Son conseiller juridique a annoncé un recours devant les juridictions compétentes pour contester la régularité du processus ayant conduit à sa chute. Les proches du gouverneur destitué évoquent notamment des vices de procédure, affirmant qu’il n’avait pas été formellement notifié de la plénière consacrée à l’examen de la motion de défiance.
L’Assemblée provinciale, par la voix de son président Mateus Kanga, campe toutefois sur sa position, estimant que la décision de destitution relève de sa souveraineté et ne saurait être remise en cause. Les élus reprochent à Paulin Lendongolia une série de fautes graves, notamment la mauvaise gestion, le détournement de fonds publics et l’atteinte aux libertés fondamentales, des accusations que ce dernier rejette en bloc.
CB
