Le gouvernement de la République démocratique du Congo a annoncé la suspension du parti Leadership et Gouvernance pour le Développement (LGD), formation politique dirigée par l’ancien Premier ministre Matata Ponyo Mapon. La décision, signée par le vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, Jacquemain Shabani, a été rendue publique jeudi 25 octobre 2025. Selon Kinshasa, cette mesure est motivée par des « faits jugés graves » au regard du contexte sécuritaire actuel dans le pays.
Dans son arrêté, le gouvernement rappelle que « la Constitution de la République démocratique du Congo consacre, à son article 6, le pluralisme politique et le libre exercice des activités des partis politiques dans le respect de la loi, de l’ordre public et des bonnes mœurs ». Toutefois, il estime que « les agissements récents de certains responsables politiques constituent une atteinte à ces principes », justifiant ainsi la suspension du LGD.
Les autorités congolaises évoquent notamment la participation de Matata Ponyo à un conclave tenu à Nairobi du 14 au 15 octobre 2025, « organisé et présidé par Joseph Kabila », dans un contexte où « la République démocratique du Congo fait l’objet d’une agression par le Rwanda avec ses supplétifs du M23/AFC ». Cette présence, considérée comme un acte de défiance envers les institutions, aurait contribué à la décision gouvernementale.
Le communiqué officiel rappelle par ailleurs que « Matata Ponyo a été condamné par la justice congolaise pour haute trahison », en raison de ses « actes publics de ralliement au mouvement d’agression du pays par le Rwanda et ses supplétifs du M23/AFC ». La suspension du LGD intervient après celle de plusieurs autres partis dont les dirigeants ont participé au même conclave, notamment le PPRD de Joseph Kabila, l’ATD de José Makila et la Piste pour l’Émergence de Seth Kikuni.
CB
