Joseph Mobutu Nzanga Zebai, surnommé « Aigle de Kawele », a pris position contre l’exposition consacrée à son père, l’ancien maréchal Mobutu Sese Seko. L’entretien, diffusé sur une chaîne télévisée avec l’animateur Arsène Kamango, a permis au fils de « Maman 41 » de détailler les raisons de son opposition.

Il accuse son demi-frère aîné, Nzanga Mobutu Ngbangawe, d’avoir lancé l’exposition « Mobutu, une vie, un destin » sans associer l’ensemble des enfants du maréchal. Selon Joseph Zebai, cette initiative « met à mal non seulement la cohésion familiale, mais aussi l’honneur de la mémoire de leur père ».
Le principal point de discorde est l’absence de consultation. Joseph Zebai rappelle avoir adressé une lettre à la ministre de la Culture pour signaler que l’exposition était organisée « au nom de la famille Mobutu » sans concertation. Il souligne que « l’image du maréchal ne peut être traitée comme un projet individuel ou partisan ».
Au-delà de la consultation, Joseph Zebai pointe le risque de manipulation ou d’exploitation de l’image de son père. Il dénonce « une exploitation » potentielle à des fins personnelles ou lucratives et craint que l’exposition « crée la confusion et exploite à des fins financières l’image du Maréchal ».
Les tensions familiales autour de l’héritage accentuent les désaccords. Il déplore que « la gestion de la succession a été entachée d’opacité et de marginalisation », rappelant qu’il est l’un des héritiers biologiques reconnus et qu’il refuse d’être « mis à l’écart ou dévalorisé ».
Joseph Zebai critique également le comportement de son frère aîné, qu’il accuse d’avoir « abandonné le rôle de rassembleur ». Il fustige le fait que Nzanga Mobutu « refuse de reconnaitre pleinement notre filiation ou ma qualité d’héritier », malgré des éléments qu’il juge « incontestables ».
Pour lui, honorer la mémoire du maréchal ne se résume pas à une exposition. « La priorité pour honorer notre père est de le réhabiliter autour des valeurs républicaines qu’il incarnait : l’unité nationale, la dignité, la souveraineté », insiste-t-il. Il ajoute que le rapatriement de la dépouille du maréchal en RDC devrait constituer un geste symbolique majeur.
Joseph Zebai affirme son engagement à poursuivre son combat jusqu’à un consensus familial. « Je suis fermement déterminé à me battre jusqu’à obtenir cette réhabilitation », déclare-t-il, précisant que l’exposition « ne saurait substituer un travail de fond sur la mémoire et la justice ».
Il met également en garde contre le risque d’instrumentalisation. Selon lui, toute initiative commémorative doit être encadrée par un « organe de gouvernance familiale ou statutaire regroupant tous les ayants droit » et non laissée à la seule initiative d’un héritier.
L’exposition, initialement prévue du 16 au 30 octobre au Musée national de la RDC, devient ainsi un enjeu à la fois culturel, familial et politique. Pour Joseph Zebai, « cet hommage doit être collectif, transparent, respectueux des héritiers et fidèle aux valeurs que le maréchal avait portées », soulignant que la mémoire nationale ne peut être dissociée de la cohésion familiale.
Baromètre.cd
