La situation politique s’agite à la Tshopo après la démarche initiée par le Procureur Général près la Cour de Cassation, qui a officiellement demandé à l’Assemblée provinciale l’autorisation de poursuivre son président, Mattheus Kanga Londimo. Cette initiative, rare à ce niveau institutionnel, intervient alors que plusieurs voix s’élèvent pour réclamer la transparence dans la gestion des fonds publics alloués à l’institution.
Au cœur de l’affaire, deux dénonciations distinctes pointent la responsabilité du président de l’Assemblée dans l’utilisation contestée de 200.000 USD destinés à la construction du bâtiment administratif.
L’une de ces plaintes est portée par un cadre du parti politique Mouvement Congo en Avant et s’appuie sur une vidéo circulant sur les réseaux sociaux, où l’on verrait Mattheus Kanga évoquer la redistribution de cette somme à certains députés. Une clé USB contenant les images a été transmise au Parquet pour étayer les accusations.
Les dénonciateurs évoquent également une autre enveloppe liée au Fonds Spécial de Répartition de l’Indemnisation des Victimes des Activités illicites de l’Ouganda (FRIVAO), qui aurait été sollicitée pour la réhabilitation du siège de l’Assemblée. Pour le procureur général, ces éléments pourraient relever des infractions de détournement de deniers publics et de corruption, telles que prévues par les articles 145, 147, 147 bis et 148 du Code pénal congolais.
Face à la sensibilité du dossier et aux implications sur la gouvernance provinciale, le Parquet souhaite auditionner Mattheus Kanga afin de recueillir sa version des faits. La balle est désormais dans le camp de l’Assemblée provinciale, dont la décision déterminera si une procédure judiciaire pourra être engagée contre l’un de ses plus hauts responsables.
CB
