L’opposant congolais Martin Fayulu a lancé mardi 18 novembre un avertissement solennel à la nation : selon lui, la République démocratique du Congo fait face à une « menace existentielle » qui met en péril son identité, son unité et sa dignité. Dans son discours, il a souligné que toute initiative d’intégration économique régionale serait prématurée tant que le pays ne contrôle pas pleinement son territoire.
Pour Fayulu, parler de coopération régionale alors que des forces étrangères sont présentes sur le sol congolais relève de l’« incohérence ». Il accuse notamment les armées rwandaise et ougandaise d’occuper illégalement des zones de l’Est, d’exploiter les ressources naturelles et de causer la mort de civils, estimant que la souveraineté nationale doit primer avant toute ambition régionale.
Cette prise de position survient quelques jours après le 9ᵉ sommet de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), qui s’est tenu à Kinshasa. Le président Félix Tshisekedi y a été désigné président en exercice, marquant le rôle central de la RDC dans cette instance régionale. Une responsabilité qui soulève des attentes contrastées entre les acteurs politiques internes et les partenaires étrangers.
Malgré ces critiques, le gouvernement congolais insiste sur une approche constructive. Le ministre de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni, a indiqué que la présidence congolaise de la CIRGL vise avant tout à promouvoir la paix et à renforcer l’intégration économique entre les douze États membres, sans chercher à « régler des comptes ». La tension entre souveraineté et coopération régionale demeure néanmoins au cœur du débat national.
CB.
