Lors de la présentation du projet de loi de finances 2026 par la Première ministre Judith Suminwa, mardi 18 novembre à l’Assemblée nationale, le député national Michel Moto, élu de Walikale, a recentré le débat budgétaire sur les besoins criants des territoires ruraux. S’exprimant devant la plénière, il a plaidé pour un rééquilibrage des priorités gouvernementales en faveur des infrastructures, de l’électrification rurale, de l’agriculture et de l’éducation.
L’élu du Nord-Kivu a d’abord interpellé l’exécutif sur l’avenir de la nationale numéro 3, un axe stratégique traversant quatre provinces. « Je voudrais poser une question à notre gouvernement concernant la réhabilitation de la nationale 3, route qui relie 4 provinces, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Maniema et la Tshopo. Cet axe hautement stratégique a disparu de tous les projets de budget qui ont suivi, y compris celui-ci en examen », a-t-il dénoncé, rappelant que cette route avait été déclarée prioritaire lors de l’investiture de la Première ministre en 2024.
Abordant ensuite la question énergétique, Michel Moto a insisté sur l’urgence d’une stratégie cohérente en matière d’électrification rurale. « Pour atteindre l’objectif de l’accès universel à l’énergie rurale (…) nous sommes butés à des obstacles majeurs. D’abord, le budget d’électrification rurale est fragmenté, dispersé. Nous demandons la centralisation et l’augmentation des fonds au profit de l’agence gouvernementale en charge de l’électrification en milieu rural », a-t-il déclaré. Il a également plaidé pour « l’exonération douanière et fiscale pour les équipements d’électrification en milieu rural », qu’il juge indispensable pour stimuler les investissements.
Le député a par ailleurs rappelé que les déficits structurels du secteur éducatif constituent un frein majeur au développement du pays. Il a dénoncé la faiblesse des crédits alloués à l’éducation dans le projet de budget : « Avec seulement 146 milliards en investissement interne sur les 5272 milliards de francs congolais retenus dans les projets, le budget reste insuffisant pour un pays continent comme le nôtre. » Michel Moto a exhorté le gouvernement à « augmenter la part réservée à l’éducation nationale et aussi de jeter encore un coup d’œil sur la question de la paie des enseignants, surtout dans le milieu rural ».
Par son intervention, Michel Moto a cherché à repositionner les priorités budgétaires en faveur des territoires longtemps oubliés. Un appel pressant à une gouvernance plus équilibrée, dans un contexte où les attentes sociales et les besoins en infrastructures demeurent considérables à travers le pays.
CB
