Le gouvernement central a décidé de mettre un frein à l’opération « arme contre argent » lancée récemment par le gouverneur militaire du Nord-Kivu. Dans une note officielle datée du 14 novembre 2025, le vice-premier ministre chargé de l’Intérieur, Shabani Lukoo, a demandé la suspension immédiate de ce programme de rachat volontaire d’armes. Selon Kinshasa, cette initiative, bien qu’animée par l’objectif de réduire la criminalité, pourrait avoir des effets inverses sur la sécurité et nuire à l’image de la RDC auprès des institutions internationales.
Cette décision survient alors que la province multipliait les efforts pour contrer l’insécurité dans plusieurs zones sensibles, notamment Beni, Butembo, Lubero et Walikale. Des opérations ciblées contre le banditisme urbain ont été renforcées, parallèlement au lancement d’une campagne de recrutement de 300 nouveaux policiers à Beni, afin de restaurer la confiance entre les forces de l’ordre et la population locale, régulièrement touchée par des attaques armées.
Kinshasa pointe plusieurs risques liés au rachat direct d’armes auprès des civils. Selon le gouvernement central, l’opération pourrait compliquer la traçabilité des armes et créer des circuits parallèles incontrôlés, fragilisant la régulation nationale et la sécurité publique. La mesure souligne la nécessité d’une coordination étroite entre les autorités provinciales et les ministères centraux pour éviter des initiatives locales susceptibles de déstabiliser la région.
Une réunion conjointe entre le ministère de l’Intérieur et celui de la Défense est prévue pour harmoniser les stratégies de sécurité dans le Nord-Kivu. En attendant, toutes les autorités provinciales sont invitées à respecter strictement la suspension, dans un contexte où la restauration de l’autorité de l’État demeure une priorité nationale pour contenir l’insécurité persistante.
CB
