La gestion du gouverneur Grâce Bilolo, à la tête de la province du Kongo-Central, fait l’objet de vives controverses après la révélation d’un marché public évalué à plus de 6 millions de dollars, attribué dans des conditions décrites comme opaques par plusieurs sources locales. Selon des documents présentés comme officiels, cet appel d’offres aurait été accordé à l’entreprise Manews, dirigée par Franck Mavungu, un collaborateur du gouverneur… et son proche parent. Une proximité familiale qui soulève de sérieuses questions de conflit d’intérêts.
Les pièces consultées laissent entendre que le marché de 6,47 millions de dollars a été signé sans respecter les règles élémentaires de transparence. La société bénéficiaire, initialement sélectionnée pour fournir des engins, aurait sous-traité la quasi-totalité du contrat à une autre entreprise, SMT, alors même qu’elle ne disposerait pas de l’expertise requise. Cette sous-traitance, perçue comme irrégulière par plusieurs observateurs, renforce les doutes sur la pertinence réelle de la procédure.
Un autre point trouble apparaît dans la tarification desdits équipements : une pelle chargeuse présentée par Manews à 254.000 dollars afficherait un prix réel estimé à près de 100.000 dollars, suggérant une différence considérable entre la valeur du marché et celle du matériel. Les documents indiquent par ailleurs que seule la moitié des fonds aurait effectivement servi à l’achat des engins, laissant plus de 3 millions de dollars sans justification claire.
La tension est montée d’un cran lorsque l’Assemblée provinciale a tenté d’exercer son droit de contrôle. Selon plusieurs élus, le gouverneur Bilolo aurait refusé de répondre à ces sollicitations, alimentant ainsi un climat de suspicion. Ce blocage institutionnel, perçu comme une entrave à la transparence, nourrit les inquiétudes sur la gestion des finances publiques au sein de la province.
Dans l’attente d’éclaircissements officiels, cette affaire fragilise davantage la gouvernance provinciale et place Grâce Bilolo dans une posture délicate. Les appels se multiplient pour une enquête indépendante capable de clarifier les responsabilités, dissiper les zones d’ombre et rétablir la confiance dans l’administration du Kongo-Central.



CB
