La visite de Sheikh Shakhboot bin Nahyan Al Nahyan, ministre d’État des Émirats arabes unis, a donné lieu le 16 novembre 2025 à un échange stratégique avec le président Félix Antoine Tshisekedi. Les deux capitales ont profité de cette rencontre pour réévaluer leur coopération et rappeler la solidité d’un partenariat « de longue date », nourri par une collaboration « étendue » et des « progrès constants ». Les EAU ont également salué l’accession de la RDC à la présidence de la CIRGL, soulignant l’importance de ce mandat pour renforcer « la stabilité régionale ».
Le volet sécuritaire a occupé une large part des discussions, notamment autour des conflits qui fragilisent encore l’Afrique. Abu Dhabi a mis en avant la récente signature du « Cadre de Doha pour la paix » entre Kinshasa et l’Alliance du fleuve Congo (M23), décrite comme « une étape déterminante » vers la réconciliation nationale. Les deux pays ont aussi pointé la responsabilité des « SAF et RSF » dans l’arrêt de la guerre au Soudan, condamnant les attaques contre les civils à El Fasher et l’« instrumentalisation de la nourriture et de l’aide ». Ils ont également mis en garde contre l’influence de groupes extrémistes « membres ou apparentés aux Frères musulmans ».
Les questions géopolitiques se sont élargies au Golfe, où les deux pays ont exhorté Téhéran à cesser « son occupation des trois îles » Grande Tomb, Petite Tomb et Abu Musa , qualifiée de violation de la souveraineté émiratie et de la Charte des Nations unies. Déplorant « l’absence de progrès » dans ce dossier, ils ont réaffirmé leur soutien à un règlement pacifique, soit par des négociations bilatérales, soit par « un renvoi à la Cour internationale de Justice », conformément au droit international.
Enfin, Kinshasa et Abu Dhabi ont mis en avant les enjeux mondiaux de l’eau, rappelant l’importance de la Conférence des Nations unies de 2026 et les initiatives innovantes portées par les EAU, notamment l’« Initiative Mohamed bin Zayed pour l’eau ». Les deux États ont aussi soutenu les efforts du QUAD en faveur d’une trêve humanitaire au Soudan, visant à ouvrir la voie à un gouvernement civil « indépendant des parties belligérantes et des réseaux extrémistes ». La rencontre s’est conclue par un engagement mutuel à « approfondir et élargir » leur coopération bilatérale.
CB
