Lors d’une séance particulièrement chargée vendredi 21 novembre à Kinshasa, les députés nationaux ont engagé un examen approfondi de deux initiatives législatives susceptibles de transformer des secteurs clés de la vie publique : le fonctionnement du Barreau et l’organisation de la défense. Sous la direction de l’honorable Aimé Boji Sangara, les discussions ont mis en lumière un Parlement soucieux d’apporter des réponses structurelles à la fois aux défis sociaux de la profession d’avocat et aux impératifs sécuritaires du pays.

La proposition de loi portée par les députés Boris Mbuku et Garry Sakata s’attaque à un problème souvent passé sous silence : la précarisation croissante du métier d’avocat. Le texte entend instaurer une rémunération fixe, garantir une couverture sociale pour les professionnels et leurs ayants droit, renforcer la gouvernance financière des structures du Barreau et refondre entièrement l’assistance judiciaire. Les élus favorables à cette réforme estiment qu’elle pourrait rétablir la dignité de la profession et améliorer l’accès à la justice pour les citoyens les plus vulnérables.

En parallèle, le projet d’instauration d’un service militaire obligatoire, défendu par le député Misare Claude, a suscité un débat nourri. Présenté comme un moyen de réduire la dépendance aux forces étrangères et de renforcer la cohésion nationale, il n’a pas manqué de rencontrer des objections. Plusieurs députés, dont Albert Iwondo Ilonga, ont souligné l’ampleur démographique du public concerné, appelant à mesurer la faisabilité ainsi que les coûts liés à un tel dispositif. Cette proposition s’est d’ailleurs retrouvée au cœur d’échanges plus larges sur la persistance de l’insécurité dans l’Est, où la motion du député Landry Cizungu a rappelé l’urgence d’une action publique coordonnée.
La plénière a également été marquée par des interventions soulignant la nécessité de renforcer l’armée nationale et d’éviter la stigmatisation d’acteurs locaux engagés dans la défense du territoire. Face aux nombreuses contributions et interrogations, les auteurs des deux propositions de loi ont salué un débat « constructif et perfectible », expression d’un travail législatif en maturation. Au terme de la séance, les deux textes ont été déclarés recevables et renvoyés aux commissions permanentes, où ils feront l’objet d’un examen détaillé dans les semaines à venir.
CB
