Le parti du peuple pour la Reconstruction et la démocratie (PPRD) se retrouve officiellement dans le collimateur de la justice congolaise. Le procureur général près le conseil d’État, Jean-Paul Mukolo Nkokesha, a déposé un réquisitoire auprès de la haute juridiction administrative demandant la dissolution du parti, invoquant l’article 29 de la loi sur l’organisation et le fonctionnement des partis politiques.
Dans son réquisitoire de dix pages, le procureur accuse le PPRD, fondé par l’ancien président Joseph Kabila, d’avoir enfreint plusieurs dispositions légales et constitutionnelles. Les actes et déclarations de l’ex-chef de l’État et de cadres du parti sont présentés comme des atteintes à l’unité nationale et à la souveraineté de la République, allant selon le ministère public jusqu’à soutenir indirectement le mouvement rebelle M23/AFC dans l’est du pays.
Mukolo Nkokesha cite notamment les prises de position publiques de Joseph Kabila, ainsi que certains propos de dirigeants du PPRD, qui selon lui témoignent d’une « collusion manifeste » entre le parti et des groupes armés. Selon le réquisitoire, ces comportements sont contraires aux obligations de réserve, de loyauté et de patriotisme imposées à tout ancien président et compromettent gravement la stabilité et la sécurité de l’État.
Cette démarche du PG intervient dans un contexte politique tendu, marqué par la contestation de l’opposition congolaise contre le régime Tshisekedi.
CB
