Le naufrage du bateau marchand NILIJUWA survenu dans la nuit de mercredi à jeudi près de Lusenda, dans le territoire de Fizi, relance avec force le débat sur la sécurité du transport lacustre en RDC. Parti d’Uvira et chargé d’une cinquantaine de passagers ainsi que d’une importante cargaison, l’embarcation a sombré sous des vents violents, ne laissant derrière elle que deux corps d’enfants retrouvés et plus d’une vingtaine de disparus. Ce nouveau drame expose la vulnérabilité d’un secteur vital pour les communautés riveraines mais fragilisé par des années de négligence.
Deux jours après la catastrophe, l’épave a été repérée à Kabumbe, encore remplie de marchandises mais quasiment vide de vie. Selon l’administrateur du territoire de Fizi, Samy Badibanga, les recherches se poursuivent essentiellement grâce aux pêcheurs et aux habitants mobilisés, tandis que les familles, désemparées, font face à l’attente insoutenable d’un signe de leurs proches. L’absence de moyens logistiques adaptés ralentit les opérations, révélant une fois de plus les limites des interventions en milieu lacustre.
Pour les acteurs de la société civile, ce naufrage n’est pas un accident isolé mais le symptôme d’un système défaillant. Surcharge des bateaux, vétusté des embarcations, départs malgré des conditions météorologiques risquées, manque d’équipements de sécurité : les mêmes causes reviennent à chaque tragédie. À Fizi, les organisations locales accusent les autorités de laxisme et réclament des mesures concrètes afin d’éviter que le transport sur le Tanganyika ne continue de se transformer en piège mortel.
Ce drame s’ajoute à une série d’incidents maritimes enregistrés ces derniers mois sur les lacs et fleuves du pays, rappelant l’urgence d’un plan national de sécurisation des voies d’eau. Inventaire des bateaux, formation des équipages, contrôles renforcés et équipements de sauvetage obligatoires figurent parmi les demandes récurrentes des riverains. En attendant d’éventuelles décisions gouvernementales, les pêcheurs poursuivent les recherches, un geste solidaire qui demeure souvent la seule réponse immédiate lorsqu’un bateau disparaît sur les eaux congolaises.
CB
