L’Observatoire de la Dépense Publique (Odep) accuse le ministère de l’Intérieur de vouloir outrepasser ses prérogatives en initiant un contrôle financier sur la Ville de Kinshasa. Dans un communiqué rendu public jeudi 27 novembre, l’organisation estime que la démarche du ministère, formulée dans une correspondance du 13 novembre, constitue une violation manifeste de la Constitution. Pour l’Odep, un tel contrôle ne relève en aucun cas des compétences du pouvoir central, mais des organes légalement habilités à auditer la gestion des provinces.
L’organisation de surveillance budgétaire insiste sur le fait que les articles 3 et 197 de la Constitution protègent l’autonomie des provinces, tant sur le plan administratif que financier. En s’octroyant le droit de “contrôle approfondi”, le ministère créerait un précédent dangereux, ouvrant la voie à une recentralisation de la gestion publique provinciale. L’Odep considère cette initiative comme une ingérence directe dans les finances locales, susceptible d’affaiblir l’État de droit.
Tout en reconnaissant les difficultés criantes auxquelles la capitale est confrontée — insécurité grandissante, dégradation de la salubrité, effondrement des services publics — l’Odep rappelle que la lutte contre ces dysfonctionnements ne peut se faire en dehors du cadre légal. Les institutions habilitées restent clairement définies : la Cour des comptes pour l’audit externe, l’Inspection générale des finances lorsqu’elle est régulièrement saisie, et les Assemblées provinciales pour le contrôle politique et budgétaire. Toute autre initiative s’apparente, selon l’Odep, à un détournement des mécanismes institutionnels.
L’organisation appelle enfin le gouvernement central à respecter strictement la répartition des compétences, soulignant que la transparence financière ne peut être garantie qu’en renforçant les institutions, et non en élargissant de manière irrégulière les pouvoirs ministériels. « La loi doit rester le socle de toute réforme », insiste l’Odep, qui exhorte les autorités à privilégier un contrôle conforme aux normes constitutionnelles pour éviter toute dérive autoritaire.
CB
