Le ministre des Mines, Louis Watum Kambamba, a justifié jeudi 27 novembre la mise en place d’un système de quotas pour encadrer la reprise des exportations de cobalt en République démocratique du Congo. Lors d’un Briefing,il a insisté sur la nécessité pour la RDC d’exercer pleinement sa souveraineté sur cette ressource stratégique. « Dans la reprise des exportations, nous avons voulu un quota pour mieux contrôler. Vous savez, lorsque vous détenez 70 % des réserves mondiales d’une commodité, c’est votre droit le plus strict de dicter votre volonté et ce que vous voulez faire », a-t-il affirmé.
Pour Louis Watum, cette décision répond avant tout à la situation de « sur offre » qui fragilisait le marché du cobalt congolais. Il rappelle que la multiplication des stocks avait entraîné un risque sérieux d’effondrement des prix. « Nous étions dans une position de sur offre. Il y avait plus d’offres que de demandes, et lorsque vous êtes dans cette position-là, vos stocks commencent à augmenter parce que vous ne vendez pas tout », a-t-il expliqué. D’où la suspension antérieure des exportations, une mesure qu’il assume pleinement : « Le prix va s’effondrer et nous voulions empêcher cela. C’est pour cela que nous avons à un moment donné interdit l’exportation du cobalt. »
Même si cette décision a temporairement privé l’État de recettes, le ministre assure que l’opération n’a pas représenté une perte pour la nation. Selon lui, les stocks constitués permettront de compenser les revenus différés. Il a d’ailleurs annoncé la reprise officielle des exportations dès la semaine prochaine, soulignant que les quotas établis ont été « bien réfléchis » sur base des performances moyennes de chaque exportateur durant les trois dernières années.
Revenant sur la question de l’exploitation artisanale, Louis Watum a rappelé la nécessité d’un meilleur encadrement des coopératives, qu’il juge trop nombreuses par rapport au nombre réel de zones d’exploitation artisanale disponibles. Il insiste sur le principe selon lequel une coopérative ne peut fonctionner que si une zone lui est légalement attribuée, soulignant l’urgence d’une organisation rigoureuse pour éviter les débordements observés ces dernières années.
CB
