Le gouverneur intérimaire de la Tshopo, Didier Lomoyo, a été rappelé d’urgence à Kinshasa par le vice-Premier ministre de l’Intérieur, Jacquemin Shabani. Un télégramme officiel lui impose de se présenter pour des « consultations », une démarche qui intervient au lendemain d’un incident survenu lors d’une réunion avec les bourgmestres et agents municipaux à Kisangani. Le maire de la ville est également concerné par cette convocation.
Au cours de cette rencontre consacrée au processus de mécanisation des agents de l’État, Didier Lomoyo a commis un lapsus en attribuant par erreur à Joseph Kabila, ancien chef de l’État, les initiatives menées actuellement par Félix Tshisekedi. Le gouverneur s’est rapidement corrigé, mais la bourde a suscité un malaise d’autant plus notable que Lomoyo est aujourd’hui membre de l’UDPS, après avoir longtemps évolué au sein du PPRD de Joseph Kabila.
L’incident a pris une tournure plus grave lorsqu’il a été rapporté que les journalistes présents à la mairie ont été retenus contre leur gré par des agents du gouvernorat. Leurs téléphones auraient été formatés et leurs cartes mémoires confisquées, empêchant toute diffusion d’images ou d’extraits du discours controversé. Cette atteinte à la liberté de la presse soulève des interrogations sur les méthodes de communication du gouvernorat.
Ce rappel disciplinaire à Kinshasa pourrait annoncer des sanctions ou au minimum une mise au point politique. Dans un contexte où la communication officielle est scrutée et où les appartenances partisanes passées restent sensibles, le faux pas verbal du gouverneur intérimaire expose une fragilité au sein de l’exécutif provincial. Reste à savoir si ce déplacement forcé marquera un simple recadrage ou le début d’un remaniement plus profond.
CB
