La diplomatie américaine s’apprête à jouer un rôle déterminant dans la stabilisation de la région des Grands Lacs. La Maison Blanche a annoncé que le président américain Donald Trump recevra, ce jeudi 4 décembre, Félix Tshisekedi et Paul Kagame à Washington pour l’officialisation de l’accord de paix entre la RDC et le Rwanda. Selon la porte-parole Karoline Leavitt, cette rencontre marque l’aboutissement d’une médiation directe menée par les États-Unis, qui entendent repositionner leur influence dans une région secouée par des tensions persistantes.
Alors que Kinshasa et Kigali se préparent à parapher cet accord présenté comme « historique », les autorités congolaises ont multiplié les efforts diplomatiques ces dernières 48 heures. Une importante délégation, composée notamment du président de l’Assemblée nationale et de plusieurs membres du gouvernement, a pris l’avion ce lundi pour rejoindre la capitale américaine. Félix Tshisekedi avait déjà fixé le ton lors d’un échange avec la diaspora en Serbie : il n’y aura « ni brassage ni mixage » dans le processus de pacification, signe de la volonté de Kinshasa de rester ferme sur les questions de souveraineté.
L’accord, signé initialement le 27 juin 2025, repose sur sept engagements majeurs, allant du respect de l’intégrité territoriale à l’interdiction des hostilités, en passant par le désarmement contrôlé des groupes armés, la coordination sécuritaire conjointe et la facilitation du retour des réfugiés. Il prévoit aussi un accès humanitaire sécurisé et un cadre de coopération économique régionale, avec pour objectif de transformer les dynamiques de conflit en opportunités de développement partagé. Washington espère que ces engagements ouvriront un nouveau chapitre pour l’Est de la RDC, longtemps meurtri par l’instabilité.
Cette signature intervient toutefois dans un contexte militaire tendu, marqué par l’avancée de la coalition rebelle AFC-M23 qui contrôle une large portion du territoire dans le Nord-Kivu. Si l’accord est considéré comme indispensable pour réduire la violence, plusieurs observateurs demeurent sceptiques quant à sa mise en œuvre, les combats et les rivalités régionales n’ayant pas cessé. Le refus du M23 d’être assimilé à un mouvement soutenu par le Rwanda complique encore les perspectives. Malgré ces incertitudes, Washington veut croire qu’un dialogue direct entre Tshisekedi et Kagame peut créer un espace politique nouveau, capable de redessiner l’avenir sécuritaire dans la région.
CB
