L’Assemblée nationale a validé mercredi 10 décembre,un budget 2026 fixé à 22 milliards de dollars américains, marquant une progression notable par rapport aux prévisions initiales. Cette réévaluation résulte principalement d’un recalibrage du taux de change, ont expliqué les membres de la Commission économique et financière lors de la plénière dirigée par le président de la chambre basse, Aimé Boji Sangara. Le cadrage budgétaire, d’abord élaboré sur la base de 1 dollar pour 290 CDF, a été corrigé pour refléter un taux de 240 CDF, conformément aux projections discutées avec le Fonds monétaire international.
Cette révision entraîne une augmentation globale des dépenses de l’État, désormais estimées à plus de 54 000 milliards de francs congolais, soit une hausse de 7,2 %. Les priorités définies pour 2026 incluent notamment le service de la dette extérieure, la consolidation des investissements publics, le renforcement des rémunérations dans le secteur public, ainsi que le financement des opérations électorales et des dispositifs sécuritaires. Selon le rapporteur de la Commission ECOFIN, Guy Mafuta Kabongo, ces choix traduisent la volonté du gouvernement de renforcer ses engagements structurels tout en répondant aux impératifs conjoncturels.
Le gouvernement anticipe par ailleurs une amélioration des recettes provenant des budgets annexes et des comptes spéciaux, avec une augmentation respective de 6,6 % et 9 %. Ces prévisions reposent sur une optimisation de la gestion des établissements et organismes publics, un point souvent salué par les experts mais jugé encore perfectible par plusieurs députés. Durant les échanges, certaines voix se sont élevées pour recommander l’ajout de nouvelles mesures fiscales, comme l’augmentation des taxes sur les télécommunications, ou encore pour plaider en faveur de projets d’infrastructures tels que l’intégration de la route Kolwezi–Dilolo dans les priorités nationales.
Adopté par une écrasante majorité 428 voix favorables contre 2 oppositions le budget 2026 doit désormais être transmis au gouvernement avec les recommandations de la Commission ECOFIN. Cette adoption intervient dans un contexte économique marqué par la nécessité de stabiliser la monnaie, d’assurer la continuité des réformes et de répondre aux pressions budgétaires croissantes liées à la sécurité et aux infrastructures.
CB
