La ville d’Uvira traverse l’une de ses périodes les plus meurtrières, avec plus de 413 civils tués en deux jours, d’après les chiffres avancés par le gouvernement provincial du Sud-Kivu. Les autorités affirment que ces attaques auraient été menées par des unités armées venues du Rwanda et accompagnées de combattants étrangers, en pleine violation du cessez-le-feu et des engagements internationaux. Malgré la présence des forces congolaises, le constat dressé lors de la tournée du gouverneur dans les structures de santé reste alarmant, notamment dans les localités de Kamanyola, Katogota, Luvungi, Bwegera, Luberizi, Mutarule, Lemera, Sange et Kiliba.
Pour Kinshasa comme pour les responsables provinciaux, la vague de violences observée à Uvira ne serait pas le fruit de simples affrontements, mais d’une démarche méthodique visant à affaiblir et disperser les communautés. Les victimes incluent de nombreux enfants, femmes et jeunes, soulignent-ils, tandis que plusieurs milliers de familles auraient été prises pour cibles dans une logique d’intimidation extrême. Les autorités dénoncent une stratégie visant à provoquer des déplacements massifs et à instaurer un climat de terreur dans l’ensemble du territoire frontalier.
Cette escalade a déjà provoqué un exode massif : plus de 200 000 personnes ont fui la région, selon les chiffres communiqués, se retrouvant dans des conditions humanitaires critiques faute de moyens d’assistance adéquats. Face à cette urgence, le gouvernement provincial appelle à une mobilisation d’envergure, tant nationale qu’internationale, afin de protéger les populations, documenter les violations graves rapportées et stabiliser durablement l’est de la République démocratique du Congo, toujours plongé dans un cycle de violences récurrentes.
CB
