La nouvelle escalade de la ville d’Uvira a déclenché une nouvelle vague de tensions entre la République démocratique du Congo et le Rwanda, Kinshasa accusant ouvertement Kigali d’avoir torpillé les engagements pris lors des récents pourparlers internationaux. Dans un communiqué publié le 10 décembre, le gouvernement congolais affirme que l’offensive attribuée aux Forces de défense du Rwanda et au M23 a impliqué l’usage d’armements sophistiqués, notamment des drones kamikazes, causant de nombreuses pertes humaines et d’importants dégâts sur les infrastructures civiles. Les autorités soulignent que ces attaques violent le cessez-le-feu ainsi que l’accord scellé le 4 décembre à Washington sous médiation internationale.
Le gouvernement congolais décrit un bilan particulièrement lourd : des centaines de blessés n’auraient pas pu être évacués et plus de 200 000 habitants d’Uvira auraient fui dans la précipitation, aggravant une crise humanitaire déjà alarmante dans la région. Kinshasa dit exprimer sa solidarité avec les populations affectées et rappelle que cette situation compromet gravement les initiatives visant à stabiliser l’est du pays. L’attaque marque selon les autorités un tournant, tant par l’ampleur des moyens utilisés que par ses conséquences directes sur les civils.
Au-delà de la catastrophe locale, Kinshasa alerte sur les risques d’un débordement régional. Depuis le 4 décembre, des tirs attribués au M23 auraient touché des zones du territoire burundais, renforçant les inquiétudes autour d’une possible extension du conflit. Le gouvernement affirme également prendre note de la position du Groupe de contact international, qui mettrait en cause la responsabilité du Rwanda dans l’escalade actuelle. Pour la RDC, ces développements montrent que les engagements pris lors des discussions internationales sont ouvertement bafoués.
Face à ce qu’il qualifie de provocation grave, le gouvernement congolais appelle les médiateurs de Washington et de Doha à intervenir sans délai pour éviter l’effondrement total du processus de paix. Kinshasa demande également au Conseil de sécurité de l’ONU d’adopter des mesures urgentes afin de garantir la protection des civils et d’endiguer tout soutien extérieur aux groupes armés opérant dans la région. Tout en réaffirmant son attachement aux solutions diplomatiques, le gouvernement insiste sur sa détermination à défendre l’intégrité du territoire national et à assurer la sécurité de sa population.
CB
