Ouverts mercredi, les travaux de deux jours consacrés à la mise en œuvre des écoles doctorales en République démocratique du Congo se sont achevés ce jeudi dans les installations de l’Université de Lubumbashi (UNILU). Cet événement d’envergure nationale a rassemblé des délégations venues de plusieurs universités du pays, toutes mobilisées pour réfléchir sur l’avenir et l’harmonisation du troisième cycle en RDC.
La cérémonie d’ouverture, organisée dans la salle Monseigneur Tshibangu Tshishiku, a été présidée par le secrétaire général à la Recherche scientifique et aux Innovations technologiques, représentant la ministre de tutelle. Dans son adresse, il a insisté sur la nécessité de doter la formation doctorale congolaise de standards communs, afin d’améliorer la qualité de la recherche et d’assurer une meilleure compétitivité scientifique du pays.
Deux panels pour baliser les contours de la réforme
Après la séance inaugurale, les discussions techniques se sont poursuivies dans la salle Professeur Muteta, où deux panels thématiques ont été constitués pour permettre un examen approfondi des enjeux.
- Cadre juridique de la formation doctorale
Le premier panel s’est concentré sur les fondements légaux encadrant la formation doctorale en RDC.
Le professeur Barthélémy Kakese a ouvert les échanges en retraçant l’évolution des textes régissant le troisième cycle, depuis les ordonnances de 1971 jusqu’à l’instruction 027. Il a démontré que la RDC, malgré divers défis institutionnels, s’est constamment efforcée de structurer et d’améliorer son architecture doctorale.
Ensuite, le professeur Jean Otemikongo Mandefu, de l’Université de Kisangani, a analysé la loi-cadre de 2014 ainsi que les textes réglementaires, décrets et arrêtés en vigueur. Selon lui, « le socle existe », mais il est nécessaire de développer des mesures d’accompagnement cohérentes pour assurer l’opérationnalisation effective des écoles doctorales.
- Partage d’expériences entre institutions universitaires
Le second panel a permis aux représentants de plusieurs universités – notamment l’UNIKIN, l’UNILU, l’UOM, l’UCC et l’UPC d’échanger sur leurs expériences respectives.
Ces partages ont mis en lumière les modèles existants, les succès enregistrés, mais aussi les défis persistants : gouvernance, financement, encadrement scientifique, mobilité académique, et disponibilité des ressources documentaires. Les intervenants ont souligné l’urgence d’harmoniser les pratiques pour garantir une formation doctorale crédible et adaptée aux standards internationaux.
Vers une politique doctorale plus moderne et efficace
Pour les organisateurs comme pour l’ensemble des participants, ces assises marquent une étape cruciale dans la construction d’une politique doctorale nationale cohérente, moderne et tournée vers l’innovation. L’objectif est de faire des écoles doctorales un véritable moteur de recherche scientifique, de production de connaissances et de formation d’élites capables de contribuer efficacement au développement du pays.
L’Université de Kisangani (UNIKIS) a pris une part active à ces travaux. Sa délégation, conduite par le recteur, le professeur Mathieu Kirongozi Bometa, comprenait également le professeur Jean Otemikongo Mandefu ainsi que le professeur Albert Kamba, conseiller du recteur en charge des affaires académiques et scientifiques.
Espedi SAILE
