La justice militaire congolaise est entrée, ce vendredi 19 décembre 2025, dans une phase décisive avec l’ouverture de deux audiences très attendues devant la Haute Cour militaire, à Kinshasa/Gombe. Au centre de ces procédures figure le lieutenant-général Yav Irung Philémon, ancien officier supérieur des FARDC, appelé à répondre de lourdes accusations liées à la trahison. Ce dossier sensible s’ouvre dans un contexte de forte pression sécuritaire, notamment dans l’Est du pays.
Dans la première affaire, enregistrée sous le numéro RP 030/22, le ministère public reproche à l’ex-général des faits assimilés à une atteinte grave à la discipline militaire, incluant l’incitation de troupes à se soustraire à l’autorité hiérarchique. La seconde procédure (RP 056/25) élargit le champ des poursuites en impliquant un civil, Shauri Chibogo Issa, soupçonné d’avoir pris part à des manœuvres insurrectionnelles aux côtés de l’officier poursuivi. Ces accusations dressent le tableau d’une possible compromission interne aux conséquences lourdes pour la sécurité nationale.
Au-delà du sort judiciaire de l’accusé, ces procès cristallisent les attentes quant à la capacité des institutions à faire respecter l’État de droit au sein des forces armées. La Haute Cour militaire est ainsi appelée à faire preuve d’indépendance et de rigueur, à un moment où l’armée est engagée sur plusieurs fronts contre des groupes armés, et où toute faille interne est susceptible d’affaiblir l’effort de défense du territoire.
CB
