Depuis Londres, Moïse Katumbi, leader de l’opposition et président du parti Ensemble pour la République, a lancé un appel pressant pour l’ouverture d’un dialogue national inclusif afin de mettre fin à la crise sécuritaire qui frappe l’est de la RDC. À l’occasion du sixième anniversaire de son parti, l’ancien gouverneur du Katanga a insisté sur le fait que « la paix se construit avec ceux avec qui l’on est en conflit », rappelant que la guerre qui sévit au Nord-Kivu, au Sud-Kivu et en Ituri n’est pas une fatalité, mais la conséquence de choix politiques déficients et de l’incapacité de l’État à résoudre les causes profondes des conflits.
Pour Katumbi, la situation humanitaire dans ces provinces reste alarmante, avec des violences continues contre les civils, des déplacements massifs de populations et un sentiment général d’abandon. Il estime que les initiatives diplomatiques internationales, telles que les processus de Luanda, de Doha et de Washington, bien que positives, ne suffisent pas à instaurer une paix durable. « Seule une concertation nationale sincère peut permettre de sortir de l’impasse actuelle », a-t-il souligné, en appelant à l’implication de tous les acteurs congolais.
Le leader politique propose un dialogue englobant le Gouvernement, l’opposition politique non armée, les rebelles du M23-AFC et la société civile, sous l’égide morale des confessions religieuses, en particulier la CENCO et l’ECC. Selon lui, exclure certains acteurs ou criminaliser le dialogue revient à prolonger indéfiniment la crise et compromet la restauration de l’État de droit et de la souveraineté nationale.
Pour l’opposant, seule une démarche interne, inclusive et transparente pourra établir les bases d’une paix durable dans l’est de la RDC, là où la voie strictement militaire ou les solutions diplomatiques externes ont montré leurs limites.
CB
