La conférence de presse annoncée par le journaliste Mill’s Tshibangu, prévue le dimanche 21 décembre à l’espace 19, près du cimetière de la Gombe, s’est déroulée dans un climat de désaveu quasi général. Présentée comme une sortie médiatique destinée à mettre en cause le ministre José Mpanda, la rencontre a surtout été marquée par l’absence remarquée de nombreux journalistes, donnant à l’événement des allures d’échec public et de camouflet professionnel.
Personnalité médiatique régulièrement contestée, Mill’s Tshibangu est accusé par plusieurs observateurs de substituer au travail d’enquête rigoureux des récits fournis par des acteurs politiques ou économiques en conflit. Dans les milieux de la presse, certains évoquent également des motivations personnelles à l’origine de cette sortie médiatique, liées à des attentes professionnelles non satisfaites, ce qui alimente la perception d’une initiative davantage guidée par la rancœur que par l’intérêt général.
La controverse s’est accentuée avec la circulation d’allégations persistantes sur l’existence de financements importants autour de cette conférence. Des montants élevés sont évoqués par des sources internes à la profession, sans confirmation officielle, mais suffisants pour nourrir les soupçons d’une opération médiatique monnayée. Ces accusations, qu’aucun élément public n’est venu étayer à ce stade, ont néanmoins pesé lourd dans la décision de plusieurs confrères de se tenir à l’écart.
Selon des témoignages concordants, de nombreux journalistes invités ont volontairement décliné leur participation, estimant que les conditions et l’esprit de la conférence ne correspondaient pas aux principes d’éthique, d’indépendance et de solidarité professionnelle. Ce boycott tacite a vidé l’événement de sa substance et renforcé l’idée d’un isolement croissant de son initiateur au sein de la corporation.
Au final, loin de fragiliser la cible annoncée, cette conférence boycottée a surtout exposé Mill’s Tshibangu à une remise en question sévère de sa crédibilité. Pour plusieurs acteurs des médias, cet épisode constitue un signal d’alarme : la profession refuse de servir de caisse de résonance à des entreprises perçues comme orientées ou opportunistes. Dans un paysage médiatique déjà fragilisé, le message est clair : sans rigueur, sans éthique et sans confiance des pairs, aucune mise en scène médiatique ne peut survivre au verdict du terrain.
CB
