Dans une lettre ouverte cinglante adressée au Gouverneur de province ce lundi 29 décembre 2025, le notable Me Kalinde Mutuka Bavon brise le tabou et met à nu les failles béantes de la gouvernance au Tanganyika. Sans détour ni langue de bois, il appelle à une rupture immédiate avec l’immobilisme, l’arrogance administrative et les polémiques stériles qui minent l’action publique.
LE SILENCE DE L’EXÉCUTIF, POISON DE LA COHÉSION PROVINCIALE
Pour Me Kalinde, le premier drame du Tanganyika n’est pas matériel, il est institutionnel. Malgré les démarches formelles répétées des forces vives, les portes de l’administration provinciale restent closes. Ce mur du silence, dénonce-t-il, nourrit la colère populaire et fragilise dangereusement le pacte entre gouvernés et gouvernants.
GOUVERNER N’EST PAS POLÉMIQUER
Alors que l’espace public provincial est devenu un champ de bataille numérique, dominé par influenceurs, fanatiques et règlements de comptes, Me Kalinde met en garde :
le Gouverneur, autorité élue, ne peut se laisser aspirer par la guerre des egos.
« On ne développe pas une province avec des invectives, mais avec des actes », martèle-t-il, invitant l’exécutif à sortir du ring médiatique pour se consacrer enfin à l’essentiel.
Infrastructures : la faillite de l’État à l’intérieur
Si le mur de soutènement du port de Kalemie est salué comme un pas positif, Me Kalinde rappelle que cet acquis ne saurait masquer l’ampleur du désastre :
Voirie urbaine : les avenues Kalemie et Flitisaf, jadis artères vitales, sont aujourd’hui des cimetières de chantiers.
Arrière-province : dans les territoires, l’État est perçu comme absent, laissant place au désespoir et à l’abandon.
Crise de compétence et scandale des moyens
Le notable pointe une vérité dérangeante : la province manque moins d’argent que de compétence.
Au XXIᵉ siècle, insiste-t-il, on ne peut plus confier les ministères et cabinets à des amateurs politiques.
Le paradoxe est cruel : avec un budget annuel avoisinant 160 millions de dollars, le Tanganyika figure parmi les dix provinces les plus riches du pays, mais aucun gouverneur n’a encore réussi à asphalter un seul kilomètre de route sur fonds propres provinciaux.
Un échec historique.
2026, l’ultimatum de l’histoire
Refusant l’aventure d’un départ précipité du Gouverneur, Me Kalinde Mutuka Bavon plaide pour une stabilité courageuse, mais conditionnée à une remise en question radicale. Il appelle à :
l’ouverture immédiate du dialogue avec la jeunesse, les notables et les associations culturelles ;
la transparence totale dans la gestion des recettes provinciales ;
la vulgarisation d’une vision claire, comprise par le peuple, pas seulement par les cercles partisans.
Son message est sans équivoque :
2026 doit être l’année du décollage réel du Tanganyika ou l’aveu définitif de l’échec.
Au-delà de la critique, cette lettre ouverte sonne comme un ultimatum politique : soit le pouvoir provincial rompt avec la culture du silence et de l’improvisation, soit il portera seul la responsabilité historique d’avoir trahi l’espoir de tout un peuple.


LE BAROMÈTRE
