Une brève tension diplomatique a récemment secoué la région des Grands Lacs, provoquée par un message du ministre burundais des Affaires étrangères, Édouard Bizimana, sur le rôle du Qatar dans la résolution du conflit dans l’est de la RDC. Dans ce post désormais supprimé, il accusait Doha de jouer un « rôle négatif » et laissait entendre que l’émirat utiliserait son influence financière pour freiner l’action d’autres partenaires internationaux, dont les États-Unis. Une sortie inhabituelle, rapidement désavouée, qui a immédiatement mis Bujumbura dans l’embarras.
Face à la polémique, le président Évariste Ndayishimiye est intervenu pour rétablir la position officielle du Burundi. Dans un message publié sur X dimanche 4 janvier, il a désavoué publiquement son ministre et réaffirmé la solidité des relations bilatérales avec le Qatar, tout en saluant le « rôle crucial » de Doha dans les efforts de médiation et de consolidation de la paix en RDC. « Le Burundi a toujours apprécié ses bonnes relations bilatérales de longue date avec le Qatar, ainsi que le rôle crucial de ce dernier dans les efforts de médiation en RDC. Il est important de clarifier tout malentendu et toute déclaration erronée concernant la contribution du Qatar au développement et à la consolidation de la paix », a-t-il déclaré.
La clarification présidentielle a été rapidement saluée par Doha. Le ministre d’État aux Affaires étrangères du Qatar, Mohammed bin Abdulaziz Al-Khulaifi, a réaffirmé l’engagement de son pays en faveur du dialogue et de la résolution pacifique des conflits dans la région. « Merci, Monsieur le Président, pour la clarification et votre aimable reconnaissance. Guidé par son approche fondée sur des principes, l’État du Qatar reste ferme dans son engagement en faveur de la consolidation de la paix, de la médiation et de la résolution pacifique des conflits, et continuera à s’engager de manière constructive avec tous ses partenaires en faveur de la stabilité et d’une paix durable », a-t-il écrit sur X.
Cette intervention burundaise prend tout son sens dans le contexte du processus de Doha, initié en avril 2025 entre l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23) et le gouvernement congolais. Ces négociations, précédées d’une rencontre facilitée par Doha entre Félix Tshisekedi et Paul Kagame, visent à garantir un cessez-le-feu immédiat et inconditionnel. Malgré des tensions persistantes sur le terrain, le processus a enregistré des avancées, avec une déclaration conjointe en avril 2025 et un accord de principe en juillet visant un cessez-le-feu permanent.
En réaffirmant son soutien au Qatar, le Burundi envoie un message clair : la coopération régionale et la médiation diplomatique restent essentielles pour la paix en RDC. La mise au point présidentielle montre la détermination de Bujumbura à tendre la main à Doha et à préserver l’élan des négociations, dans un contexte où chaque déclaration peut influencer la stabilité fragile de la région.
CB
