Un rapport récent du Groupe d’experts des Nations unies, consulté ce mercredi 7 janvier, dévoile comment l’AFC/M23 tisse sa toile dans le Sud-Kivu. Daté du 30 décembre 2025 et transmis au Conseil de sécurité, le document révèle que le mouvement rebelle, soutenu logistiquement et militairement par la Force de défense rwandaise (FDR), s’empare des zones aurifères et « 3T » étain, tantale et tungstène transformant les mines en véritables coffres-forts, dont les revenus abondent ses caisses grâce à la taxation des exploitations locales.
Les experts de l’ONU indiquent que cette emprise s’étend sur plusieurs sites stratégiques, dont Lumbishi, Numbi et Nyabibwe, ainsi que sur Nzibira, un centre clé pour l’acheminement de la cassitérite et du coltan en provenance de Shabunda. Cette mainmise a profondément modifié la production minière provinciale : près de la moitié de la cassitérite et du coltan, ainsi qu’une majorité de la wolframite, seraient désormais sous le contrôle de l’AFC/M23, consolidant ainsi le financement et l’influence territoriale du mouvement.
L’or n’échappe pas à cette dynamique. Alors que la majorité des exploitations aurifères restent sous le contrôle des FARDC et des groupes Wazalendo dans des territoires comme Shabunda, Mwenga et Fizi, plusieurs sites majeurs notamment Luhihi, Twangiza et Karhembu sont passés sous administration rebelle. À Luhihi, l’AFC/M23 a mis en place une administration parallèle, remplaçant les structures étatiques et imposant taxes et prélèvements aux creuseurs, transporteurs et négociants.
Pour l’ONU, cette mainmise sur les ressources naturelles constitue un levier de pouvoir durable pour le mouvement rebelle, qui transforme l’exploitation minière en un outil stratégique pour renforcer son contrôle politique et économique dans l’est de la RDC. Le rapport souligne ainsi l’urgence de mesures internationales pour encadrer l’accès aux ressources et limiter la pérennisation de ce pouvoir parallèle.
CK
