Kinshasa a reçu jeudi 15 janvier une mission diplomatique de poids. Téte António, ministre angolais des Relations extérieures, s’est entretenu avec le président Félix Tshisekedi, portant un message verbal de João Lourenço, président de l’Angola et en exercice à la tête de l’Union africaine. Cette visite traduit la volonté de Luanda de soutenir les efforts de paix dans un contexte sécuritaire fragile, notamment dans l’Est du pays où le cessez-le-feu reste précaire.
L’envoi de l’émissaire angolais intervient au lendemain d’une rencontre à Luanda, le 14 janvier, entre João Lourenço et une délégation conjointe de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et de l’Église du Christ au Congo (ECC). Les échanges ont porté sur la crise sécuritaire et les voies de réconciliation nationale, illustrant le rôle actif que l’Angola entend jouer, non seulement auprès des autorités congolaises, mais aussi au sein des acteurs religieux et civils.
Depuis le début de l’année, les contacts bilatéraux se sont intensifiés : Félix Tshisekedi s’est rendu à deux reprises à Luanda, témoignant de la convergence des efforts pour relancer un dialogue national inclusif. Cette dynamique régionale se déploie alors que les initiatives internationales, notamment à Washington et Doha, peinent à produire des résultats tangibles sur le terrain.
À quelques jours de la réunion de haut niveau prévue à Lomé le 17 janvier sous la médiation du président togolais Faure Gnassingbé, Luanda cherche à renforcer sa position de facilitateur discret. En multipliant les consultations avec les autorités congolaises et les acteurs religieux, l’Angola mise sur une approche graduelle pour stabiliser la RDC et préparer un cadre de dialogue politique susceptible d’aboutir à une paix durable.
CB
