La réactivation d’un ancien dossier judiciaire concernant le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde, par le ministre de la Justice, Guillaume Ngefa, relance une controverse qui semblait pourtant close. Cette initiative, intervenue plusieurs mois après la conclusion officielle de l’enquête, suscite interrogations et commentaires dans l’opinion, tant sur le fond que sur l’opportunité d’une telle démarche.
Pour rappel, ce dossier avait été ouvert à la demande expresse de Doudou Fwamba Likunde lui-même, soucieux de lever toute suspicion et de soumettre les faits à l’appréciation de la justice. L’enquête menée avait abouti à un rapport concluant à « un montage et une usurpation d’identité », établissant que Yannick Isasi était victime d’une manipulation imputable à un individu activement recherché par les services judiciaires. Ces conclusions avaient alors été considérées comme mettant un terme définitif à l’affaire.
La décision de « réchauffer » ce dossier, déjà bouclé par la justice, pose désormais une question centrale : quelle en est la motivation réelle ? Pour plusieurs observateurs, cette résurgence intervient dans un contexte sensible, marqué par des réformes ambitieuses au sein du secteur financier, et alimente le débat sur les rapports parfois complexes entre action gouvernementale, justice et luttes d’influence.
Dans les cercles proches du ministre des Finances, cette situation est perçue comme l’une des conséquences du cap de rigueur qu’il a choisi d’imposer. « Être ministre des Finances et vouloir assainir les pratiques, c’est accepter de ne pas plaire à tout le monde », confie un cadre de l’administration. La volonté de rompre avec certaines dérives autour du Trésor public aurait, selon cette lecture, heurté des intérêts longtemps installés, faisant de Doudou Fwamba Likunde un acteur qui dérange.
Malgré les turbulences, le principal concerné reste déterminé à poursuivre son action. Pour ses soutiens, le message est clair : le prix de la rigueur est souvent l’exposition aux attaques, mais il ne saurait détourner l’objectif d’une gestion plus transparente et responsable des finances publiques. « Ozo fongwama te », résument-ils, assurant que Doudou Fwamba Likunde ne se laissera pas intimider et entend maintenir le cap des réformes engagées.
CB
