À Kisangani, la question de l’électricité refait surface avec acuité, ravivant frustrations et attentes au sein de la population. Privée d’un approvisionnement stable depuis plusieurs années, la ville voit aujourd’hui la société civile hausser le ton. La Nouvelle Dynamique de la Société Civile (NDSCI)/Tshopo interpelle la Société nationale d’électricité (SNEL) afin d’obtenir des explications claires sur la gestion d’un financement public majeur destiné à relancer la centrale hydroélectrique de la Tshopo.
Au centre des préoccupations figure une enveloppe de 9 millions de dollars américains, mobilisée en 2023 à travers les fonds FRIVAO. Ce montant devait permettre la réhabilitation complète de la centrale et la remise en service d’une capacité de production estimée à 21 mégawatts, censée couvrir les besoins de Kisangani et de Buta. Deux ans plus tard, l’absence de résultats visibles alimente le doute et renforce le sentiment d’abandon chez les habitants.
Selon la NDSCI, les choix opérés dans l’exécution du projet se seraient éloignés des priorités techniques.
Une part importante des fonds aurait servi à financer des équipements de dépannage, tels que des câbles, des lampadaires et des groupes électrogènes, au lieu de s’attaquer à la réparation des turbines de production. Pour l’organisation citoyenne, ces orientations traduisent une gestion sans vision à long terme, incapable de résoudre durablement la crise énergétique.
Face à cette situation, la société civile réclame une clarification complète et publique.
Elle demande à la direction actuelle de la SNEL de rendre compte de l’utilisation des fonds, de publier l’état financier du projet et d’associer les représentants locaux à un mécanisme de suivi. Au-delà de l’électricité, c’est la question de la redevabilité dans la gestion des ressources publiques qui est posée, dans une ville où le développement économique et la sécurité restent étroitement liés à l’accès à l’énergie.


CB
