L’État congolais se prépare à relever un pari financier et institutionnel de grande ampleur : mobiliser 192 millions de dollars américains pour organiser le deuxième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH). Ce chiffre, dévoilé par le ministre d’État en charge du Plan, Guylain Nyembo, lors du Conseil des ministres du 30 janvier 2026, illustre l’ampleur d’une opération nationale longtemps reportée mais désormais jugée incontournable.
Au-delà de son coût, le recensement cristallise des enjeux majeurs de gouvernance. Après plus de quatre décennies sans données démographiques exhaustives, la RDC continue de planifier son développement sur des statistiques obsolètes, avec des conséquences directes sur la répartition des ressources, l’aménagement du territoire et la mise en œuvre des politiques publiques. Pour les autorités, le RGPH apparaît ainsi comme un outil stratégique pour asseoir des décisions basées sur des données fiables et crédibles, tant au niveau national que provincial.
Reste la question cruciale du financement. Dans un contexte budgétaire contraint, marqué par des priorités sécuritaires et sociales pressantes, la mobilisation des fonds nécessaires constitue un défi de taille. Le gouvernement mise sur un mécanisme de financement mixte, associant ressources internes et appui des partenaires techniques et financiers, afin d’éviter un nouveau report. Plus qu’un exercice statistique, la réussite de ce recensement pourrait devenir un test de la capacité de l’État à planifier durablement son avenir.
CB
