Les campagnes électorales au Congo ressemblent à des foires aux promesses. Routes modernes, hôpitaux équipés, écoles gratuites, emplois pour tous. Les députés savent parler au cœur de la population. Ils savent transformer les espoirs en slogans.
Mais une fois élus, le décor change brutalement. L’Assemblée nationale devient un marché d’intérêts privés. Les débats se réduisent à des querelles de privilèges: voitures de fonction, indemnités, voyages officiels. La chasse aux postes ministériels prend le pas sur la mission parlementaire.
La population, elle, reste dans l’attente. Les quartiers manquent d’eau potable. Les hôpitaux manquent de médicaments. Les écoles manquent de bancs. Les familles manquent de pain. Et les députés manquent de volonté.
Ce décalage nourrit une colère sourde. Dans les rues de Kinshasa, dans les villages reculés, dans les marchés populaires.
Les citoyens s’interrogent: pourquoi voter encore ? Pourquoi donner leur voix à des élus qui oublient leurs engagements dès le lendemain du scrutin?
La démocratie repose sur un principe simple: la confiance. Or cette confiance s’effrite. Chaque promesse non tenue devient une trahison. Chaque privilège arraché devient une gifle au peuple.
Le danger est immense.
Une Assemblée nationale perçue comme un club fermé.
Un espace où l’intérêt général disparaît derrière les calculs personnels. Un théâtre où le peuple n’est plus spectateur, mais victime.
Alors, faut-il continuer à voter ?
Faut-il cautionner un système qui tourne le dos à la nation?
La question est brutale, mais elle s’impose.
Car une nation digne de ce nom ne peut se construire sur des illusions.
Elle exige des représentants responsables.
Des députés qui portent la voix du peuple, et non le poids de leurs ambitions.
Le choix appartient aux citoyens.
Mais le constat est implacable: Tant que les élus privilégieront leurs privilèges, le Congo restera prisonnier de ses désillusions.
YAMAINA MANDALA
