À Luanda, la République démocratique du Congo a marqué un pas décisif dans le projet stratégique du Corridor de Lobito. Le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, a pris part, ce jeudi 5 février 2026, à la réunion inaugurale de coordination régionale Angola–RDC–Zambie, lancée sous l’égide du président angolais João Lourenço, avec l’appui de la Banque mondiale. Cette rencontre symbolise l’entrée dans une phase plus opérationnelle d’un projet clé pour l’intégration économique de l’Afrique centrale et australe.
Réunis durant trois jours dans la capitale angolaise, les ministres des Finances, des Transports, du Commerce et de l’Industrie des trois pays, aux côtés de partenaires techniques et financiers internationaux, ont affiché une volonté commune d’harmoniser leurs politiques et d’accélérer les investissements. La présence du Haut Représentant de l’Union européenne pour la région des Grands Lacs témoigne de l’intérêt géopolitique croissant autour de ce corridor, perçu comme un levier majeur de stabilité et de développement régional.
Pour Kinshasa, cette réunion s’inscrit dans la continuité des démarches diplomatiques et financières engagées ces derniers mois. Déjà en octobre dernier à Washington, en marge des assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale, Doudou Fwamba avait porté la voix de la RDC lors des discussions stratégiques sur le Corridor de Lobito, plaidant pour une meilleure mobilisation des financements et un alignement des priorités de développement. À Luanda, l’enjeu est désormais de traduire ces engagements en projets concrets, notamment dans le transport, l’énergie, l’agro-industrie et le numérique.
S’appuyant sur des infrastructures clés telles que le port de Lobito, le chemin de fer de Benguela et, côté congolais, les provinces du Tanganyika, du Haut-Lomami, du Lualaba et du Haut-Katanga, le Corridor de Lobito ambitionne de désenclaver les zones de production et de renforcer les chaînes de valeur régionales. Cette nouvelle dynamique de coordination ouvre la voie à une coopération structurée, avec l’objectif affiché de stimuler la croissance, l’emploi et l’attractivité économique de toute la région.
CB
