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J’ai toujours été profondément choqué par l’invisibilisation du conflit au Kivu

J’ai toujours été profondément choqué par l’invisibilisation du conflit au #Kivu. Des années de violences, des millions de morts, des populations déplacées, des drames humains d’une ampleur massive — et pourtant ce silence persistant. Un silence médiatique, politique, parfois intellectuel. Comme si cette guerre ne méritait pas d’être regardée en face.Il y a pourtant des faits. Un conflit durable. Des accords violés.

Des logiques de prédation clairement documentées. Un État voisin impliqué, des ressources pillées, des vies sacrifiées. Et pendant longtemps, une forme d’indulgence collective, entretenue par des récits simplificateurs et des angles morts commodes.Pourquoi ce décalage ? Pourquoi une telle absence de débat public sur l’un des conflits les plus meurtriers depuis des décennies ?

Cette question, beaucoup se la posent désormais.Le sondage Norstat que je viens de lire dans l’article d’Afrique Matin dit des choses très nettes.98 % des Français estiment que la communauté internationale doit condamner l’intervention rwandaise en RDC, dont 74 % « de manière ferme et sans ambiguïté »98 % considèrent que le Rwanda doit être sanctionné pour non-respect des accords de paix, avec 69 % en faveur de sanctions fortes98 % estiment aussi qu’un État qui exploite durablement les ressources naturelles d’un pays voisin en violation de sa souveraineté doit être sanctionné, dont 83 % « clairement et fortement »Et 92 % jugent injuste que le conflit soit si peu présent dans le débat public, chiffre qui monte à 95 % chez les moins de 35 ansCes chiffres montrent que les Français semblent ouvrir les yeux. Non par émotion, mais par lucidité. Ils parlent de droit international, de respect des engagements, de responsabilités politiques et économiques.

Ils refusent de plus en plus l’idée que la géopolitique puisse justifier l’injustifiable.Je ne suis ni pour la République démocratique du Congo, ni pour le Rwanda. Je suis pour la paix. Et pour quelque chose de fondamental dans les relations internationales : le respect des engagements pris, la fin des violations répétées, la cohérence entre les principes que l’on proclame et les pratiques que l’on tolère.Ce qui se joue aujourd’hui n’est pas un simple changement d’opinion. C’est un réveil. Tardif, sans doute. Mais tellement nécessaire.

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