La question de la sécurité des enseignants universitaires refait surface à Kisangani après une nouvelle attaque enregistrée dans la nuit du jeudi 12 au vendredi 13 février 2026. Un professeur de l’Université de Kisangani (UNIKIS) a été victime d’un cambriolage à main armée à son domicile situé sur la première avenue, au quartier des Musiciens, dans la commune de Makiso.

Selon des témoignages recueillis sur place, des individus armés ont pénétré dans la parcelle après avoir escaladé le mur de clôture, forcé les accès et endommagé la porte principale avant de s’emparer de deux motos. L’incident s’est déroulé sous les cris d’alerte de la famille et malgré la mobilisation des voisins.
Cet acte relance les inquiétudes au sein de la communauté universitaire. En quelques semaines seulement, plusieurs membres du personnel académique et scientifique auraient été victimes d’agressions similaires. Des enseignants et assistants issus d’autres établissements d’enseignement supérieur de la ville auraient également subi des attaques, renforçant le sentiment d’insécurité généralisée.

Face à cette situation, l’Association des Professeurs de l’Université de Kisangani (APUKIS), par la voix de son président, le professeur Jean-Pierre Lifoli Balea, appelle les autorités à prendre des mesures urgentes pour protéger les enseignants. L’organisation déplore une recrudescence des actes criminels après une courte période d’accalmie.
Le lieu de l’attaque, situé à proximité immédiate des institutions administratives provinciales et d’établissements scolaires du centre-ville, suscite particulièrement l’inquiétude. Pour les enseignants, si de tels actes peuvent se produire dans une zone réputée sécurisée, la vulnérabilité des quartiers plus éloignés devient encore plus préoccupante.
Les professeurs affirment être de plus en plus ciblés en raison d’une perception erronée de leur situation sociale. Beaucoup estiment pourtant vivre dans des conditions modestes, loin de l’image de richesse souvent associée à leur statut.
L’APUKIS indique avoir déjà adressé plusieurs correspondances aux services de sécurité afin de demander le renforcement des patrouilles, l’amélioration de la mobilité policière ainsi que des moyens de communication pour des interventions rapides. Toutefois, les contraintes liées à l’état des routes urbaines et aux perturbations des réseaux téléphoniques continueraient de ralentir les opérations de secours.
Devant l’absence de solutions concrètes, certains enseignants envisagent des actions de protestation, estimant que la poursuite normale des activités académiques devient difficile dans un climat d’insécurité permanent.
Dans son message aux autorités nationales, l’association insiste surtout sur la nécessité d’un mécanisme durable de protection des enseignants universitaires. Elle estime que la sécurité constitue une condition essentielle pour garantir la continuité de l’enseignement supérieur et préserver la vie des acteurs du savoir.
Les professeurs espèrent désormais des réponses rapides afin d’éviter que la situation ne dégénère davantage et appellent à une mobilisation collective pour restaurer la tranquillité dans la ville de Kisangani.
Espedi SAILE
