Le député national Alfred Dibandi Nzondomyo a saisi l’Assemblée nationale d’une question orale avec débat adressée à la ministre d’État en charge des Hydrocarbures, au sujet de la création du Comité de Suivi et de Gestion du Stock Stratégique (CSGSS). Dans sa correspondance, l’élu évoque la nécessité d’éclairer la représentation nationale sur les contours juridiques et financiers de cette nouvelle structure, instituée par arrêté ministériel.
Créé officiellement pour garantir l’approvisionnement du pays en produits pétroliers et constituer une réserve équivalente à 60 jours de consommation, le CSGSS est présenté par le ministère comme un outil de stabilisation des prix. Mais au Parlement comme dans l’opinion, des voix s’élèvent pour questionner ses modalités de fonctionnement et son encadrement.
Dans son initiative parlementaire, Alfred Dibandi Nzondomyo souligne que la mise en place du comité « soulève des interrogations quant à sa justification, à son financement et aux mécanismes de contrôle qui l’encadrent, dans ce secteur à caractère hautement stratégique pour l’État ». L’élu estime que la transparence s’impose sur un dispositif qui touche directement aux finances publiques et à la régulation du marché pétrolier.
Polémique sur le financement du comité
Au-delà du débat institutionnel, la contestation prend de l’ampleur au sein même du ministère des Hydrocarbures. Des organisations syndicales dénoncent un prélèvement de 6 % sur la parafiscalité dite « Effort de reconstruction et stock stratégique », destiné selon elles à financer des avantages au profit des membres du comité. Un taux jugé disproportionné au regard du 1 % accordé au service collecteur officiel.
Lors d’une assemblée générale tenue fin janvier, les délégués syndicaux ont exprimé leur indignation : « Malgré l’intégration du ministère et l’augmentation des recettes pétrolières, les agents et cadres ne perçoivent pas la prime de motivation issue de ces recettes, alors que le comité, composé de 16 membres, bénéficie d’un subside équivalent à 6 % de la parafiscalité “Effort de reconstruction et stock stratégique”. Il est inadmissible que l’Administration des Hydrocarbures, pilier indispensable, soit victime de telles injustices, en contradiction avec la vision du Président de la République ».
En coulisses, la menace d’un mouvement de grève est évoquée. « Où sont l’IGF et l’APLC ? », s’interrogent les syndicalistes, réclamant un contrôle accru des flux financiers liés au stock stratégique. Des experts de l’administration mettent également en garde contre une concentration excessive des pouvoirs : « Quel travail supplémentaire ce Comité de suivi accomplit-il que n’assurent pas déjà les administrations et les cabinets ministériels pour justifier de tels avantages ? » Ils dénoncent une confusion des rôles au sein de la chaîne décisionnelle, estimant que « la même autorité conçoit les orientations, préside la coordination, valide les décisions et certifie les montants — une confusion des rôles qui sent le conflit d’intérêt et favorise le détournement ».
CB
