Six mois après son arrivée à la tête de l’Université de Kisangani (UNIKIS), le professeur ordinaire Mathieu Kirongozi imprime déjà une marque visible à son mandat. La récente révision du barème salarial du personnel administratif, scientifique et ouvrier constitue l’une des décisions les plus commentées au sein de la communauté universitaire.
Dans un environnement académique souvent confronté aux difficultés financières et aux frustrations salariales, cette mesure apparaît comme une tentative de restaurer la motivation du personnel et de stabiliser le climat professionnel. Plusieurs agents y voient un signal d’écoute de la part des autorités rectorales, tandis que d’autres s’interrogent déjà sur la durabilité financière d’une telle réforme.
Un exemple concret illustre cette évolution : un agent attaché de première classe, dont la rémunération s’élevait auparavant à 193.200 FC, perçoit désormais environ 295.000 FC, soit une augmentation dépassant les 50 %. Cette progression, rare dans les établissements publics d’enseignement supérieur, témoigne d’une volonté d’améliorer les conditions sociales des travailleurs.
Selon des sources internes, la revalorisation concerne l’ensemble des catégories professionnelles, depuis les agents d’exécution jusqu’aux cadres supérieurs et aux professeurs émérites. Au-delà de l’amélioration du pouvoir d’achat, l’administration semble chercher à instaurer une nouvelle dynamique de performance et de responsabilité collective.
Cependant, cette initiative ouvre aussi un débat plus large : celui du modèle de gestion des universités publiques en RDC. Entre nécessité sociale, équilibre budgétaire et exigence de qualité académique, la réforme salariale pose la question de la pérennité des efforts engagés.
Pour beaucoup d’observateurs, ces premiers mois de gouvernance constituent un test important. Si les résultats se consolident, l’expérience de l’UNIKIS pourrait inspirer d’autres institutions de l’ESU en quête de stabilité sociale et d’efficacité administrative.
Espedi SAILE
