La tension politique monte d’un cran alors que l’Assemblée provinciale de la Tshopo accuse ouvertement le gouverneur Paulin Lendongolia Lebabonga de gestion autoritaire et de violations répétées des textes de gouvernance provinciale. Dans une correspondance officielle adressée au vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, le rapporteur Lokesa Bomboli Paul dénonce des décisions unilatérales et des nominations jugées irrégulières, ainsi que la dissolution de la Direction générale des recettes provinciales sans consultation préalable de l’organe législatif.
Les élus provinciaux dénoncent également des pratiques jugées dangereuses pour la sécurité et la cohésion de la province. Ils évoquent l’entrée de forces armées dans l’enceinte du Parlement provincial le 21 février et le recrutement présumé de jeunes issus de bandes urbaines pour constituer une milice. Selon le rapport de l’Assemblée, ces mesures seraient liées à une gestion opaque des fonds d’urgence sécuritaire, suscitant des inquiétudes sur la transparence et le respect des lois.
L’Assemblée provinciale pointe aussi un remaniement ministériel qualifié de « punitif », visant des alliés supposés des députés hostiles au gouverneur. Face à ce qu’elle considère comme une menace directe à l’ordre public et à la légalité institutionnelle, l’institution réclame l’intervention immédiate des autorités centrales pour rétablir la normalité administrative et protéger la démocratie locale.
Cette crise survient quelques mois seulement après la réhabilitation de Paulin Lendongolia par la Cour constitutionnelle, à la suite d’une motion de défiance adoptée en octobre 2025. Si certains citoyens jugent ces accusations comme un retour à des pratiques chaotiques, d’autres considèrent que le gouverneur est la cible d’une coalition politique cherchant à l’écarter de son poste. Le climat reste donc particulièrement tendu dans la province, avec une confrontation directe entre pouvoir exécutif et législatif.
CB
