La guerre au Moyen-Orient et la résistance farouche de l’Iran face aux puissances occidentales offrent une leçon de souveraineté et de résilience. Mais en Afrique, où l’éducation chancelle, les élites scientifiques s’exilent et les forces de défense manquent de moyens, la question devient brûlante: que fera le continent si un jour il est confronté à une menace existentielle?
La confrontation actuelle au Moyen-Orient démontre qu’un pays peut opposer une résistance crédible à des puissances mieux équipées, à condition de croire en sa propre souveraineté. L’Iran, malgré l’isolement diplomatique et les sanctions économiques, a choisi de miser sur ses propres forces, ses scientifiques, ses industries militaires et surtout sur une volonté nationale inébranlable. Cette posture, qu’on peut critiquer ou admirer, révèle une vérité simple: la survie d’une nation dépend d’abord de sa capacité à compter sur elle-même.
À l’inverse, l’Afrique semble s’être installée dans une dépendance chronique. Nos dirigeants, trop souvent, confient le sort de leurs pays aux capitales occidentales, espérant des aides budgétaires, des programmes de coopération ou des interventions militaires. Mais cette délégation de souveraineté a un coût: elle fragilise nos institutions et nous prive de la confiance nécessaire pour affronter seuls les crises.
Dans de nombreux pays africains, les écoles fonctionnent à peine. Les enseignants, mal rémunérés, vivent dans la clochardisation. Comment espérer former une génération capable de défendre la souveraineté nationale quand l’éducation elle-même est abandonnée? L’Iran, malgré ses difficultés, a investi dans la formation de ses ingénieurs et de ses chercheurs. L’Afrique, elle, laisse ses talents s’éteindre ou partir.
Les scientifiques africains, faute de soutien et de moyens, s’exilent vers l’Occident. Ce phénomène, connu sous le nom de «fuite des cerveaux», est une véritable hémorragie. Chaque départ est une perte stratégique: un médecin, un ingénieur, un chercheur qui aurait pu renforcer nos capacités nationales. Pendant ce temps, les pays occidentaux bénéficient de cette expertise, consolidant leur avance technologique et militaire.
Sur le plan sécuritaire, la situation est tout aussi préoccupante. Les forces de défense et de sécurité africaines manquent de motivation, de formation et surtout de matériel adéquat. Comment résister à une menace existentielle avec des armées sous-équipées, dépendantes de dons étrangers ou de matériels obsolètes? L’exemple iranien montre qu’une nation peut développer ses propres industries militaires. L’Afrique, elle, reste prisonnière des importations et des coopérations asymétriques.
La question est brutale mais incontournable: si demain une menace existentielle frappe le continent, que fera l’Afrique? Attendre l’aide des autres, au risque de voir sa souveraineté disparaître? Ou bâtir dès aujourd’hui les fondations d’une résistance crédible: une éducation solide, une recherche soutenue, une armée motivée et équipée, et surtout une volonté politique de croire en soi?
YAMAINA MANDALA
