La décision prise tard dans la soirée du 17 mars par la Confédération africaine de football –CAF- restera comme l’un des épisodes les plus controversés de l’histoire du sport continental.
En annulant la victoire du Sénégal à la dernière Coupe d’Afrique des nations et en attribuant le trophée sur tapis vert au Maroc, deux mois après la fin de cette épreuve, l’instance dirigeante a déclenché un véritable séisme.
Dans les rues de Dakar comme dans les salons feutrés des fédérations, la colère est palpable.
Supporters, analystes et observateurs dénoncent une décision incompréhensible, qui semble davantage relever de calculs politiques que de justice sportive. Pour beaucoup, la CAF n’est plus l’arbitre impartial du football africain, mais une institution gangrenée par des influences étatiques et des arrangements en coulisses.
Quelles que soient les conclusions que rendra le Tribunal arbitral du sport –TAS- basé à Lausanne, le mal est déjà fait. L’Afrique du football sort affaiblie, son image écornée. Les sacrifices des joueurs, l’émotion des supporters et la magie de la compétition sont balayés par une décision administrative qui jette une ombre sur la crédibilité de la CAN.
Les accusations de corruption et de politisation ne sont pas nouvelles, mais elles prennent aujourd’hui une ampleur inédite. Certains États africains, soucieux de prestige et de rayonnement, seraient prêts à tout pour inscrire leur nom au palmarès, quitte à instrumentaliser l’instance dirigeante. Le sport, censé unir les peuples, se retrouve ainsi otage de rivalités géopolitiques.
Au-delà du cas Sénégal–Maroc, c’est l’avenir du football africain qui est en jeu. Comment espérer attirer sponsors, téléspectateurs et jeunes talents si la compétition elle-même est perçue comme manipulée? La CAN, vitrine du continent, risque de perdre son aura et sa légitimité.
YAMAINA MANDALA
