Le président Félix Tshisekedi a, une fois de plus, remis au centre du débat la question cruciale de l’agriculture à l’occasion de la clôture de la 13ᵉ Conférence des gouverneurs à Bandundu le vendredi 27 mars. Son appel à des réformes profondes dans ce secteur stratégique sonne comme un aveu implicite : malgré son potentiel immense, la RDC peine toujours à transformer son agriculture en véritable moteur de développement. Derrière les annonces, c’est toute la problématique de la volonté politique et de l’exécution des politiques publiques qui refait surface.
L’insistance du Chef de l’État sur la structuration des coopératives agricoles met en lumière une faiblesse persistante du tissu rural congolais. Si l’idée est pertinente, elle n’est pas nouvelle. Depuis des années, les gouvernements successifs évoquent la nécessité d’organiser les producteurs, sans que cela ne se traduise par des résultats tangibles sur le terrain. Le défi reste donc moins dans le diagnostic que dans la capacité à mettre en œuvre des mécanismes efficaces d’accompagnement et de financement.
Par ailleurs, la question de l’accès aux intrants, aux technologies et aux marchés illustre l’ampleur des blocages structurels. Dans un pays encore largement dépendant des importations alimentaires, ces leviers apparaissent essentiels pour inverser la tendance. Mais là encore, les discours doivent se confronter à la réalité des infrastructures défaillantes, de l’enclavement des zones agricoles et du manque d’investissements durables dans la chaîne de valeur.
Enfin, la sécurisation du foncier agricole, évoquée par Félix Tshisekedi, constitue sans doute l’un des enjeux les plus sensibles. Sans une clarification des droits sur la terre et une organisation rationnelle de l’espace agricole, toute ambition de modernisation risque de rester lettre morte. L’urgence est donc d’aller au-delà des déclarations et d’engager des réformes courageuses, capables de transformer en profondeur un secteur qui, depuis trop longtemps, reste prisonnier de promesses non tenues.
CB
