Deux ans, jour pour jour, après les élections des gouverneur et vice-gouverneur du 29 avril 2024, je m’exprime sur la situation politique de la Mongala.
Il est des moments où le silence devient une faute morale.
Aujourd’hui, me taire serait une complicité face à la souffrance prolongée du peuple de la Mongala.
Cela fait près de deux ans, jour pour jour, depuis les élections des gouverneur et vice-gouverneur du 29 avril 2024, élections auxquelles j’ai pris part en qualité de candidat gouverneur. Deux années d’observation, de patience et d’espoir… aujourd’hui brisés par la réalité.
Depuis avril 2024, j’ai observé. J’ai analysé. J’ai espéré, comme beaucoup, que les choses finiraient par s’améliorer. Mais la réalité s’est imposée avec brutalité : la Mongala est prise en otage par une gouvernance faite de mensonges, d’improvisation et d’abus.
Lors de la 13ᵉ conférence des gouverneurs à Bandundu-ville, le gouverneur Jean Collin Makaka a choisi de mentir délibérément au Chef de l’État. Oui, mentir. Il a présenté un bilan fictif, une liste de réalisations imaginaires : centre financier à Bumba, marché moderne à Bongandanga, bâtiment administratif à étage à Lisala, routes réhabilitées à plus de 30 %, PDL exécuté à 85 %, salle polyvalente, bétonnage d’avenue…
Mais sur le terrain, la vérité est implacable : ces ouvrages n’existent pas. La population ne les a jamais vus, pas même le début d’un chantier pour certains. Ce qui a été présenté n’est pas un bilan, mais une mise en scène.
Ce mensonge d’État est grave. Car en trompant le Chef de l’État, le gouverneur compromet l’avenir de toute une province. Il donne l’illusion d’un progrès inexistant, au moment même où la Mongala a le plus besoin d’attention, d’investissements et de vérité.
Mais le problème va bien au-delà de ce discours. Le projet de société présenté devant l’Assemblée provinciale n’a jamais été exécuté. Aucune des grandes orientations annoncées n’a été matérialisée. La Mongala n’a connu ni transformation, ni modernisation, ni relance. Elle est restée figée, abandonnée, livrée à elle-même.
Pire encore, notre province est devenue le théâtre permanent de conflits. Là où il avait trouvé une certaine stabilité institutionnelle, le gouverneur a semé la division.
Le conflit ouvert avec son propre vice-gouverneur en est la preuve la plus éclatante. Pendant plus d’une année, celui-ci est resté à Kinshasa, loin de la province, pendant que le gouverneur régnait en maître absolu, sans contrepoids ni équilibre institutionnel.
Ce n’est pas une gouvernance, c’est une confiscation du pouvoir.
Dans le même temps, l’Assemblée provinciale, qui devrait jouer son rôle de contrôle, a été réduite à une simple caisse de résonance, une mallette politique au service du gouverneur. Elle ne contrôle plus, elle accompagne. Elle ne questionne plus, elle valide. Elle ne représente plus le peuple, elle protège le pouvoir.
Nous assistons ainsi à un affaiblissement grave des institutions provinciales, au mépris total des principes de l’État de droit.
Sur le plan social, la situation est tout aussi alarmante. La population est écrasée par une fiscalité injuste et étouffante, sans aucune contrepartie visible. Pas de routes, pas d’infrastructures, pas d’amélioration des conditions de vie. Rien que des promesses et des discours.
Et pendant ce temps, les voix qui s’élèvent sont intimidées, les jeunes sont interpellés, la liberté d’expression est fragilisée. Gouverner par la peur n’a jamais été une solution. C’est un aveu d’échec.
La Mongala n’est pas un royaume. Ce n’est pas une propriété privée. C’est une province de la République, régie par des lois et des principes.
Aujourd’hui, il faut appeler les choses par leur nom : cette gouvernance a échoué.
Et face à cet échec, il n’y a qu’une seule issue responsable.
Je demande, sans détour et avec toute la gravité que requiert la situation, la démission immédiate du gouverneur Jean Collin Makaka.
Non pas par haine,mais par exigence de vérité,
par respect pour le Chef de l’État, qui mérite des rapports sincères,
par respect pour les institutions, qui doivent être restaurées,
et surtout, par respect pour le peuple de la Mongala, qui souffre en silence depuis trop longtemps.
Je refuse d’être complice de cette dérive.
L’histoire jugera. Mais dès aujourd’hui, chacun doit prendre ses responsabilités.
Junior BOTAKILE LONGANGA
CANDIDAT DÉPUTÉ NATIONAL AUX ÉLECTIONS LÉGISLATIVES DE 2018 ET 2023 CANDIDAT GOUVERNEUR AUX ELECTIONS DU 29 AVRIL 2024 JEUNE LEADER D’OPINION DE LA MONGALA.
