Une page sociale s’ouvre à l’Université de Kisangani. Le Comité de gestion Kirongozi a remis ce jeudi à l’UNIKIS son premier corbillard, mettant fin à plus de six décennies d’attente pour le personnel.
C’est dans la cour du bâtiment administratif que la cérémonie s’est déroulée, devant les représentants des enseignants, du personnel administratif et des étudiants. Pour le Professeur Mathieu Kirongozi Bometa, qui dirige le comité, il s’agissait de transformer une revendication ancienne en acte concret.
« Depuis 1963, l’université n’avait jamais disposé de son propre corbillard. Le Comité de gestion Kirongozi a décidé d’agir pour alléger la charge qui pèse sur les familles de nos agents au moment du deuil », a-t-il expliqué.
Le véhicule ne sera pas d’un usage libre. Le comité a encadré son fonctionnement : transport exclusif des dépouilles des agents de l’UNIKIS, trajet balisé du lieu du décès à la morgue, puis vers les obsèques et le cimetière. Un numéro de service sera bientôt communiqué pour centraliser les demandes.
L’accès sera payant, mais à un tarif social. L’objectif, selon le comité, est de couvrir les frais de carburant, d’entretien, d’amortissement du véhicule, ainsi que la rémunération du chauffeur et du gardien.
La nouvelle a été saluée par les corps de l’université. Le Professeur Jean Pierre Lifoli, président de l’Association des professeurs, a remercié le Comité de gestion Kirongozi pour la rapidité d’exécution d’une résolution prise en avril dernier.
« Jusqu’ici, les familles payaient jusqu’à 100 dollars pour louer un corbillard. Cette acquisition change la donne. Nous allons veiller à une utilisation responsable », a-t-il déclaré.
Au-delà du geste matériel, le personnel voit dans cette initiative le signe d’une gestion plus proche des réalités sociales. Plusieurs voix souhaitent désormais que le Comité de gestion Kirongozi complète ce dispositif par l’acquisition d’un catafalque, afin de renforcer l’accompagnement des familles endeuillées.
Espedi Saile
