Le boycott de la plénière consacrée à l’examen de la proposition de loi sur le référendum continue d’alimenter les débats dans les milieux politiques de Kinshasa. Depuis plusieurs jours, majorité et opposition s’affrontent autour de cette question devenue hautement sensible sur l’échiquier politique national.
Alors que l’opposition voit dans cette initiative une tentative déguisée de révision de la Constitution, certains acteurs de la majorité présidentielle appellent plutôt à l’apaisement et à une lecture moins passionnelle du texte en discussion. C’est notamment le cas de Jean-Paul Bofunda, qui s’est exprimé sur ses réseaux sociaux pour dénoncer ce qu’il considère comme une agitation excessive autour de cette proposition de loi.
Pour cette personnalité proche de la majorité, le référendum n’a rien d’illégal ni d’exceptionnel dans un État démocratique. Il rappelle que cette procédure est bel et bien prévue par la Constitution de la République démocratique du Congo et qu’il ne faudrait pas entretenir la confusion dans l’opinion publique.
« Le référendum est une disposition constitutionnelle. Voter la loi référendaire ne veut pas dire que le référendum aura lieu aujourd’hui », a-t-il écrit, avant de déplorer ce qu’il qualifie de « trop d’agitation et de fourvoiement » autour du sujet.
Jean-Paul Bofunda estime que le débat politique actuel risque de détourner l’attention des véritables priorités nationales, notamment la situation sécuritaire préoccupante dans l’Est du pays, où les populations continuent de subir les affres de la guerre et de l’insécurité.
« Concentrons-nous sur la guerre à l’Est »,
insiste-t-il, appelant la classe politique congolaise à privilégier les questions liées à la paix, à la sécurité et à la cohésion nationale plutôt que les polémiques politiques.
Cette sortie médiatique intervient dans un contexte marqué par une forte tension politique autour de toute question liée à la Constitution. Pour l’opposition, la vigilance reste de mise face à toute initiative susceptible, selon elle, d’ouvrir la voie à une modification de certains articles jugés verrouillés. De son côté, la majorité tente de rassurer en soutenant qu’il ne s’agit pour l’instant que d’un cadre légal destiné à encadrer un mécanisme constitutionnel déjà existant.
Le débat autour de cette loi référendaire promet ainsi de rester au centre de l’actualité politique congolaise dans les prochains jours.
Jeff Saile
