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Pius Muabilu dépose un projet de nouvelle Constitution auprès d’André Mbata après les travaux de réflexion du CNC

Une délégation issue de la commission chargée de réfléchir sur un éventuel changement de la Constitution au sein du Congrès national congolais (CNC) a officiellement remis les résolutions de ses travaux aux autorités concernées, notamment au professeur André Mbata, secrétaire permanent de l’Union sacrée de la nation.

Cette démarche intervient dans un contexte politique marqué par la montée des débats autour de l’avenir institutionnel de la République démocratique du Congo et de l’adaptation éventuelle de sa loi fondamentale aux réalités actuelles du pays.

La délégation était conduite par Pius Muabilu, président national du CNC, qui a présenté cette initiative comme une contribution citoyenne au débat national sur la gouvernance et les réformes institutionnelles. Selon lui, les réflexions menées par la commission ont permis de dégager plusieurs recommandations consignées dans un document remis officiellement aux responsables de l’Union sacrée.
« Nous sommes venus remettre les résolutions issues des travaux organisés par la commission chargée de réfléchir sur le changement de la Constitution. Voilà la raison de notre présence ici aujourd’hui », a déclaré Pius Muabilu à l’issue de la rencontre.

Sans dévoiler le contenu détaillé des propositions formulées par la commission, le président du CNC a expliqué que la priorité revenait d’abord au Président de la République, qu’il a présenté comme la plus haute autorité morale et politique de l’Union sacrée de la nation. Il a ainsi évité d’entrer dans les détails techniques des recommandations, tout en laissant entendre que celles-ci portent sur des réformes majeures des institutions de la République.

Au-delà de la remise du document, Pius Muabilu a surtout défendu le principe d’un débat national autour de la Constitution. Pour lui, la réflexion sur la loi fondamentale constitue un droit légitime et souverain pour tout peuple désireux d’adapter son organisation politique aux défis de son époque.
« On ne peut pas interdire à un peuple de réfléchir sur un texte fondamental. Nous n’avons pas besoin d’aller demander l’autorisation à un autre peuple pour le faire », a-t-il affirmé avec insistance.

Dans son intervention, il a également rappelé que plusieurs nations à travers le monde ont révisé ou réécrit leurs constitutions au fil de leur évolution politique et sociale. Prenant l’exemple de la France, il a soutenu que les États modernes adaptent régulièrement leurs textes fondamentaux afin de répondre aux nouvelles réalités historiques, économiques et sécuritaires.

Le président du CNC estime par ailleurs que la Constitution actuellement en vigueur en RDC a été conçue dans un contexte exceptionnel, notamment celui de la sortie des conflits armés et du partage du pouvoir entre les différentes composantes issues des accords politiques de l’époque. Selon lui, les circonstances qui avaient justifié certaines dispositions ne correspondent plus nécessairement aux exigences actuelles du pays.
« Autres temps, autres mœurs », a-t-il déclaré, avant d’ajouter que les aspirations du peuple congolais devraient désormais guider l’évolution des institutions nationales.
Dans cette logique, il a insisté sur la nécessité d’une Constitution capable d’accompagner les mutations politiques, économiques et sociales de la RDC, estimant que les textes juridiques doivent rester au service du peuple et non constituer un frein à ses attentes.
« C’est la loi qui doit s’adapter aux besoins du peuple et non les besoins du peuple qui doivent s’adapter à la loi », a soutenu Pius Muabilu.

Cette initiative du Congrès national congolais relance ainsi le débat sur une éventuelle révision ou réécriture de la Constitution congolaise, un sujet particulièrement sensible qui continue de diviser la classe politique et l’opinion publique. Tandis que certains y voient une nécessité pour renforcer l’efficacité des institutions et répondre aux nouveaux défis nationaux, d’autres redoutent une réforme susceptible de bouleverser les équilibres politiques actuels.
Dans les prochains jours, les réactions des acteurs politiques, de la société civile et des juristes seront très attendues autour de cette démarche qui pourrait raviver un important débat national sur l’avenir constitutionnel de la République démocratique du Congo.

Espedi Saile

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