Le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a annoncé, ce 2 juin 2026, la suspension à titre conservatoire de toutes les activités minières exercées dans les zones contiguës au Parc national de la Maiko, dans les périmètres couverts par les Permis de Recherche n°16591 et n°16594.
Cette décision fait suite à une alerte lancée le 17 avril 2026 par l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN), qui avait saisi le ministère de l’Environnement au sujet des activités des sociétés Stone Mining SARLU et Xin Hong Kuan Ye SARL, opérant à proximité immédiate de cette aire protégée.
Des infractions graves constatées
À l’issue des concertations entre les services techniques des ministères des Mines et de l’Environnement, plusieurs violations ont été relevées.
Selon les autorités, les deux sociétés auraient utilisé abusivement leurs Permis de Recherche pour mener des activités d’exploitation minière, en contradiction avec les dispositions des articles 50 bis et 203 du Code minier ainsi que de l’article 110 du Règlement minier.
Les investigations ont également mis en évidence une atteinte aux dispositions légales protégeant les aires protégées, notamment l’article 25 de la loi relative à la conservation de la nature, qui interdit toute activité incompatible avec les objectifs de conservation au sein de ces espaces.
À ces irrégularités s’ajoute la présence signalée d’individus armés non identifiés dans les périmètres concernés, une situation jugée préoccupante pour la sécurité de la zone.
Préserver la Maiko avant toute autre considération
Pour le ministre Louis Watum Kabamba, cette suspension vise avant tout à protéger le patrimoine écologique national.
« La préservation de nos ressources naturelles et de nos aires protégées demeure une priorité. On ne négocie pas avec l’illégalité lorsque le patrimoine écologique de la Nation est en jeu », a-t-il fait savoir.
Une mission gouvernementale déployée
Dans la foulée, le ministre a ordonné le déploiement immédiat d’une mission mixte regroupant les ministères de l’Intérieur, de la Défense, de l’Environnement et des Mines.
Cette équipe aura pour mandat d’évaluer de manière exhaustive la situation sur le terrain et de formuler des recommandations sur les mesures à prendre, y compris d’éventuelles sanctions.
À travers cette décision, le gouvernement réaffirme sa volonté de faire respecter la législation minière et environnementale.
« La loi minière est un outil de développement. Elle ne sera jamais un permis de détruire. La Maiko n’est pas à vendre, elle est à protéger », a conclu le ministre des Mines.
JS
