Dans une réflexion critique sur la situation politique, sécuritaire et sociale de la République démocratique du Congo, le professeur des universités Alphonse Maindo a exprimé son opposition à toute initiative visant à modifier la Constitution dans le contexte actuel du pays.
Dans son texte intitulé « Malheur moral, vouloir changer l’outil quand il faut changer l’artisan », l’universitaire dresse un tableau sombre de la RDC. Il évoque notamment l’occupation de plusieurs territoires du Nord-Kivu et du Sud-Kivu par des forces étrangères et des groupes rebelles, la persistance des violences armées dans l’Est du pays, les épidémies meurtrières, la dégradation des infrastructures routières, les difficultés du système éducatif ainsi que l’aggravation de la pauvreté.
Pour Alphonse Maindo, le pays traverse une crise multidimensionnelle qui exige des réponses urgentes. Il estime que les ressources nationales devraient être prioritairement consacrées à la résolution des problèmes sécuritaires, sanitaires et sociaux plutôt qu’à l’organisation d’un processus de révision constitutionnelle.
Selon lui, la Constitution n’est pas à l’origine des difficultés actuelles. Le professeur considère que le véritable problème réside dans le comportement des dirigeants chargés de l’appliquer. « Le premier chantier, c’est changer l’homme à tout prix sans prendre prétexte du contexte pour prétendre changer le texte », soutient-il.
L’universitaire compare la situation à celle d’un artisan incapable de produire un travail de qualité malgré la possession des meilleurs outils. À ses yeux, remplacer l’instrument sans améliorer les compétences de celui qui l’utilise ne peut conduire à aucun changement positif.
S’appuyant également sur une métaphore sportive, Alphonse Maindo affirme qu’une équipe qui ne réalise pas de bonnes performances ne demande pas la modification des règles du jeu en pleine compétition. Il estime que la solution passe plutôt par un renouvellement des acteurs et une amélioration de la gouvernance.
Le professeur qualifie toute tentative de modification constitutionnelle dans le contexte actuel d’« inopportune », d’« illégitime » et de « déconnectée de la réalité ». Il appelle les dirigeants à concentrer leurs efforts sur la restauration de la sécurité, l’amélioration des conditions de vie des populations et le respect des règles existantes.
Cette prise de position intervient alors que le débat sur une éventuelle réforme constitutionnelle continue d’alimenter les discussions au sein de la classe politique et de l’opinion publique congolaise.
Ainsi pensé à Kisangani le 12 juin 2026, ce texte reflète la position personnelle du professeur Alphonse Maindo sur l’avenir institutionnel de la RDC.
Espedi Saile
