La patronne de l’ESURSI prône la science et la méthode face aux allégations sur la présence d’uranium dans la chaîne polymétallique congolaise
Face aux informations relayées par la presse internationale faisant état d’une possible présence d’uranium dans certains produits issus de la chaîne polymétallique congolaise, la ministre de l’Enseignement supérieur, universitaire, Recherche scientifique et Innovations, Professeure Docteure Marie-Thérèse Sombo, appelle à la prudence, à la rigueur et à une vérification scientifique des faits.
La ministre s’est exprimée lors des travaux du Conseil national de sécurité nucléaire, tenus cette semaine à Kinshasa.
« Comprendre, vérifier et confronter » avant toute conclusion
La patronne de l’ESURSI a insisté sur la nécessité d’aborder cette question avec méthode, objectivité et expertise scientifique. Selon elle, aucune conclusion ne devrait être tirée sur la base de simples publications médiatiques ou d’informations non encore vérifiées.
« Nous ne sommes pas réunis aujourd’hui pour confirmer ce qui a été publié dans la presse, ni pour les réfuter par principe », a déclaré la Professeure Marie-Thérèse Sombo.
Et d’ajouter : « Notre devoir est de comprendre, vérifier et confronter les différentes informations disponibles. »
Pour la ministre, l’établissement de la vérité doit reposer sur des données vérifiables, des expertises scientifiques et une analyse institutionnelle approfondie. Cette démarche devrait notamment permettre de déterminer la nature exacte des produits concernés, leur éventuelle teneur en matières nucléaires ainsi que les conditions dans lesquelles ces matières auraient pu circuler.
Renforcer le dispositif national de contrôle
Les travaux du Conseil national de sécurité nucléaire doivent également permettre d’évaluer le dispositif national de surveillance et de contrôle des matières nucléaires en République démocratique du Congo.
Il s’agit notamment d’identifier les éventuelles insuffisances du système actuel et, le cas échéant, de formuler des recommandations et des mesures destinées à renforcer son efficacité.
Une attention particulière devra être accordée au contrôle, à la circulation et à la gestion des matières nucléaires, compte tenu de leurs implications potentielles pour la sécurité nationale.
La ministre a également rappelé que cette démarche doit s’inscrire dans le strict respect des obligations nationales et internationales de la RDC en matière de sécurité nucléaire, de protection de l’environnement et de préservation des populations.
Un enjeu de souveraineté nationale
Au-delà des aspects scientifiques et techniques, la question revêt une importante dimension stratégique pour la République démocratique du Congo.
Il s’agit notamment d’évaluer les éventuelles conséquences sur la souveraineté nationale, la sécurité des populations, la protection de l’environnement et la sauvegarde des intérêts stratégiques du pays.
À travers cette démarche, Marie-Thérèse Sombo entend privilégier une approche responsable et fondée sur les faits : établir la vérité avant de tirer des conclusions, en s’appuyant sur la science, l’expertise et les institutions compétentes.
Cette orientation traduit la volonté de la RDC de renforcer ses mécanismes de surveillance et de contrôle des matières nucléaires, tout en préservant ses intérêts stratégiques et la sécurité de sa population.
Espedi Saile
