À la tête de la Congolaise des Voies Maritimes (CVM) à titre intérimaire, Sele Yemba Selemani s’efforce d’imprimer une nouvelle dynamique fondée sur l’efficacité, la proximité avec les équipes et le renforcement des capacités opérationnelles de l’entreprise. Une orientation qui mérite d’être appréciée à partir des actions engagées et des résultats observables sur le terrain.
Depuis son arrivée aux commandes de la CVM, le directeur général intérimaire a placé le suivi des activités et la responsabilisation des différentes structures parmi ses priorités. La contractualisation des objectifs avec les directions, le contrôle des activités sur le terrain ainsi que la poursuite des opérations de dragage figurent notamment parmi les mesures mises en œuvre.
Autre avancée mise en avant : le renforcement de l’outil de travail, avec la dotation de 16 engins et équipements destinés à accompagner les opérations techniques et à répondre aux besoins des différents services. Pour une entreprise dont les missions reposent largement sur ses capacités logistiques et techniques, cet effort constitue un levier important pour améliorer l’efficacité opérationnelle.
Mais la démarche de Sele Yemba ne se limite pas aux questions matérielles. Sa gestion semble également privilégier le travail concerté entre la Direction générale, le Conseil d’administration et les équipes de terrain. Les différentes descentes effectuées conjointement traduisent une volonté de rapprocher les organes dirigeants des réalités quotidiennes de l’entreprise.
La visite du Conseil d’administration à Boma en est une illustration.
Au-delà de son caractère institutionnel, cette mission a permis d’échanger directement avec les agents, d’identifier certaines préoccupations et de prendre le pouls des équipes opérationnelles. Une démarche de proximité qui aurait été favorablement accueillie par plusieurs membres du personnel technique.
Dans ces conditions, le débat autour de Sele Yemba Selemani gagnerait à dépasser les considérations liées à l’occupation d’un fauteuil.
Son passage à la tête de la CVM peut aussi être analysé sous l’angle de la méthode de gestion, des initiatives engagées et de la capacité à mobiliser les équipes autour d’objectifs communs.
Pour une entreprise publique stratégique, la stabilité, la continuité des actions et la cohésion interne constituent des facteurs déterminants.
Lorsqu’une orientation contribue à renforcer les moyens de travail, à rapprocher les responsables des agents et à maintenir les activités opérationnelles, elle mérite d’être examinée avec objectivité.
Préserver une dynamique positive ne revient pas forcément à défendre un individu.
C’est aussi reconnaître et protéger ce qui contribue au bon fonctionnement de l’entreprise.
L’enjeu pour la CVM est donc de maintenir le cap sur l’efficacité, de poursuivre la modernisation de son outil de travail et de consolider un environnement professionnel fondé sur la collaboration et la responsabilité.
Dans cette perspective, Sele Yemba Selemani devrait être évalué avant tout sur ses actes, sa méthode et sa contribution à la performance de la CVM, plutôt que sur les différentes controverses susceptibles d’entourer sa fonction.
Car, au-delà des personnes et des positionnements, une question demeure essentielle : quelle gouvernance est capable de faire progresser durablement la CVM ?
Préserver la compétence, consolider la cohésion et soutenir la performance, ce n’est pas défendre un homme. C’est défendre l’intérêt de la CVM.
Jeff Saile
