La Direction générale des recettes de Kinshasa (DGRK) disparaît sous son ancienne forme. Le gouverneur Daniel Bumba Lubaki mise désormais sur deux nouvelles régies provinciales, la DGIPK et la DGTK, pour moderniser la collecte des recettes et donner à la capitale davantage de moyens pour financer son développement, notamment le programme « Kinshasa Ezo Bonga »




Un tournant majeur s’opère dans la gestion des recettes de la ville de Kinshasa. Après plusieurs années d’existence, la Direction générale des recettes de Kinshasa (DGRK) cède officiellement la place à deux nouvelles structures spécialisées : la Direction générale des impôts provinciaux de Kinshasa (DGIPK) et la Direction générale des droits, taxes et redevances de Kinshasa (DGTK).
Cette réforme a été confirmée lundi 31 août 2026 par Gérard Kaja Kambowa, chargé de mission à la tête de la DGRK durant une année.
Au terme de sa mission, il a remis son rapport final au gouverneur de la ville, Daniel Bumba Lubaki, au cours d’un échange d’environ une heure.
À sa sortie de l’entretien, Gérard Kaja Kambowa a annoncé devant la presse l’aboutissement du processus de transformation de l’ancienne régie en deux nouvelles administrations, présentées comme les nouveaux piliers du dispositif de mobilisation des recettes provinciales.
« Nous sommes arrivés à l’aboutissement de deux régies, qui sont la Direction générale des impôts provinciaux de Kinshasa et la Direction générale des droits, taxes et redevances de Kinshasa.
Ces deux régies vont se baser sur une réforme digitale, pour laquelle, aujourd’hui à Kinshasa, tout peut être fait en ligne, de bout en bout », a-t-il déclaré.
Une réforme placée sous le signe du numérique
La principale innovation mise en avant dans cette réorganisation est la digitalisation de la chaîne de mobilisation des recettes. L’ambition est de réduire progressivement les procédures manuelles et de permettre aux contribuables d’effectuer leurs démarches en ligne, de bout en bout.
Pour l’administration provinciale, cette transformation doit contribuer à rendre le système de collecte plus moderne, plus efficace et plus transparent, tout en facilitant les démarches des contribuables.
Après une année consacrée à la transformation de l’administration fiscale de Kinshasa, Gérard Kaja Kambowa s’est félicité du travail accompli et a souhaité plein succès aux équipes appelées à poursuivre cette réforme.
« Bonne chance à ceux qui vont maintenant pérenniser les efforts que nous avons fournis avec la création de deux nouvelles régies », a-t-il indiqué.
Deux régies, une ambition : accroître les recettes
La séparation des missions entre les deux nouvelles structures vise à instaurer une organisation plus spécialisée de la fiscalité provinciale.
La DGIPK est appelée à prendre en charge le volet des impôts provinciaux, tandis que la DGTK sera chargée des droits, taxes et redevances relevant de la province.
Pour l’exécutif provincial, cette réorganisation doit permettre de mieux identifier les différentes sources de revenus, d’améliorer leur recouvrement et, à terme, d’accroître les ressources disponibles pour la ville.
L’enjeu est particulièrement important pour Kinshasa, dont les ambitions en matière d’infrastructures, de services publics et d’amélioration du cadre de vie nécessitent des ressources financières conséquentes.
« Kinshasa Ezo Bonga » en ligne de mire
Derrière cette réforme administrative se profile donc un objectif plus large : donner à la ville les moyens financiers de ses ambitions de développement.
L’exécutif provincial de Daniel Bumba Lubaki entend notamment s’appuyer sur une meilleure mobilisation des recettes pour accompagner la mise en œuvre du programme « Kinshasa Ezo Bonga », présenté comme l’un des principaux cadres d’action de son administration.
La réussite de cette nouvelle architecture reposera toutefois sur sa capacité à produire des résultats concrets : élargissement de l’assiette fiscale, amélioration du recouvrement, limitation des déperditions et simplification des procédures pour les contribuables.
Une nouvelle étape après la DGRK
La disparition de la DGRK marque ainsi une nouvelle étape dans la politique de mobilisation des recettes de Kinshasa. Après une année de transition conduite par Gérard Kaja Kambowa, la responsabilité revient désormais aux nouvelles équipes dirigeantes chargées de faire fonctionner les deux régies.
La réforme ne se limite donc pas à un changement de dénomination. Elle entend redéfinir l’organisation de la collecte des recettes provinciales autour de deux structures spécialisées et d’un système davantage numérisé.
Pour Daniel Bumba Lubaki, le véritable enjeu sera désormais de transformer cette réforme institutionnelle en levier de performance financière, afin que l’augmentation des recettes puisse se traduire par davantage d’investissements et d’actions concrètes au bénéfice des Kinois.
La nouvelle architecture fiscale de Kinshasa entre ainsi dans sa phase opérationnelle, avec une double attente : maximiser les recettes de la ville et donner un financement plus solide à ses ambitions de transformation.
Laurette Ngoma
